Elections fédérales 2023: «Nos adversaires veulent nous voler nos sièges»: la campagne démarre

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Élections fédérales 2023«Nos adversaires veulent nous voler nos sièges»: la campagne démarre

L’UDC, le PLR, les Verts et les Vert’libéraux étaient rassemblés samedi et ont lancé les hostilités, à exactement un an des élections fédérales.

par
Yannick Weber
Le vice-président du PLR Philippe Nantermod a lancé sa campagne samedi. Selon notre dernier sondage électoral, le parti est en passe de progresser dans les urnes.

Le vice-président du PLR Philippe Nantermod a lancé sa campagne samedi. Selon notre dernier sondage électoral, le parti est en passe de progresser dans les urnes.

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La Suisse est à un an jour pour jour du renouvellement total du Parlement, dont sortira une possible nouvelle composition du Conseil fédéral. Quatre des six plus grands partis réunissaient leurs délégués samedi. Petit résumé des points forts.

L’UDC, la colère populaire

Le parti s’est fixé pour objectif de «gagner 100’000 nouveaux électeurs» d’ici au 22 octobre 2023. «Récupérons notre Suisse», a exhorté le conseiller national Marcel Dettling. Tous les thèmes y sont passés: crise énergétique, surpopulation, immigration, asile, sécurité: le parti veut renouer avec les recettes du succès de son passé en les faisant coïncider avec l’actualité.

Les délégués, en présence d’Ueli Maurer et de Guy Parmelin, se sont réunis samedi à Lucerne.

Les délégués, en présence d’Ueli Maurer et de Guy Parmelin, se sont réunis samedi à Lucerne.

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Par exemple, vendredi, le parti rappelait que jusqu’à 240’000 personnes pourraient avoir rejoint la Suisse d’ici la fin de l’année. «Ils ont tous besoin d’un logement, utilisent les routes ou les transports publics et, ce qui est aggravant à l’heure actuelle, de l’électricité!» écrit l’UDC, qui veut mettre fin «au pillage de nos œuvres sociales par le tourisme des demandeurs d’asile et d’individus du monde entier».

Le PLR, le pragmatisme intello

Loin de la colère et du ton populaire de l’UDC, le PLR a mené sa séance dans une ambiance plus souriante mais non moins enthousiaste. «On joue très gros. Nos adversaires veulent nous voler nos sièges», s’est exclamé le vice-président Philippe Nantermod dans une diatribe appelant à la mobilisation des troupes pour faire campagne et défendre une Suisse libérale.

Le PLR, lui, aussi avec ses conseillers fédéraux Ignazio Cassis et Karin Keller-Suter, étaient réunis à Berthoud (BE)

Le PLR, lui, aussi avec ses conseillers fédéraux Ignazio Cassis et Karin Keller-Suter, étaient réunis à Berthoud (BE)

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Le PLR se profile comme une alternative à droite à l’UDC, et lui a lancé des piques à peine voilées. «Il n’y a pas seulement besoin de nommer des coupables, mais il faut proposer et trouver des solutions», a dit pour sa part Johanna Gapany, également vice-présidente du parti. Le ton se veut plus axé sur les propositions, pragmatique… et tout de même un peu intello. Un invité français s’est lancé dans un discours utilisant entre autres les termes «cleptocrates», «matérialisme bourgeois», «rousseauiste» ou conjuguant volontiers ses phrases au subjonctif plus que parfait.

Les Verts, la fin de la patience

Les Vert-e-s veulent être au Conseil fédéral. Un peu agacé au moment de renoncer à attaquer le siège d’Ueli Maurer, le parti veut mettre toute son énergie pour les «élections fédérales climatiques» (plus facile en allemand: le parti vient de créer le hashtag «Klimawahl») et décrocher un siège au gouvernement, avec un ton un peu plus offensif que d’habitude, dénonçant le «cartel du pouvoir» et des «jeux qui sont pipés».

Pour les Vert-e-s, c’était à Winterthour (ZH) que ça se passait.

Pour les Vert-e-s, c’était à Winterthour (ZH) que ça se passait.

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«Notre voix aux élections fait la différence: pour le climat, la biodiversité et un avenir où il fait bon vivre pour toutes et tous. Notre parti est prêt, que la campagne électorale 2023 démarre!» a dit le président du parti Balthasar Glättli. «Parce qu’il faut plus de mesures pour le climat, la biodiversité et l’équité, il faut plus de Vert-e-s sous la coupole», a renchéri la conseillère nationale Isabelle Pasquier-Eichenberger. Le parti a voté une résolution pour «éliminer les obstacles aux professionnel-le-s du futur», plaidant notamment pour un congé parental, des crèches abordables ou des bons de formation.

Les Vert’libéraux, le travail studieux

Ambiance studieuse chez les Vert’libéraux, en visioconférence. Ils ont passé la matinée à détailler leur plan en matière d’énergie, où ils font ressortir chacun des axes du parti: protection du climat, technologie et coopération avec l’Europe. Le parti refuse d’entrer dans le jeu des coupables comme aiment le faire la gauche et la droite, mais veut être fidèle à son crédo de parti: «Créateurs d’avenir».

Côté Vert’libéraux, c’était en ligne et sans spectacle.

Côté Vert’libéraux, c’était en ligne et sans spectacle.

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«Il est temps que la Suisse se réveille et adopte une stratégie d’avenir en produisant davantage d’énergies renouvelables, en utilisant l’énergie de manière efficiente, en augmentant ses capacités de stockage et en collaborant avec l’Europe», écrivent les Vert’libéraux. Parmi les points: faire de la Suisse un immense stock d’énergie en «transformant l’électricité excédentaire estivale en carburants et combustibles synthétiques; par pompage-turbinage; ainsi que par les batteries dans les bâtiments, les quartiers et les voitures électriques».

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