Genève: «Nos objectifs: l'info pour les jeunes et la formation»
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Genève«Nos objectifs: l'info pour les jeunes et la formation»

Alexandre Babin, Genevois de 23 ans, est le nouveau rédacteur en chef romand d'un média fait par et pour les jeunes. Portrait d'un site d'info plutôt original.

par
David Ramseyer
Alexandre Babin entend développer la rubrique politique destinée aux jeunes.

Alexandre Babin entend développer la rubrique politique destinée aux jeunes.

C'était un moment important pour eux: la session annuelle du parlement fédéral des jeunes s'est tenue de jeudi à dimanche derniers à Berne. Eux ? Les rédacteurs - tous bénévoles - de Tink.ch. Un site d'information gratuit, pas comme les autres. Il faut avoir moins de 30 ans pour y écrire et il s'adresse à un public clairement ciblé : les 15-30 ans. Alors, forcément, Alexandre Babin, tout juste nommé rédacteur en chef du portail romand du «plus grand webzine jeunesse du pays», ne pouvait rater le rendez-vous bernois. D'autant plus qu'une édition spéciale de 30 pages, en version papier cette fois, est prévue sur cette session d'ici à deux semaines. Bref, pour tous les contributeurs du site, c'est quasi LE sujet de l'année. Alexandre Babin, fraîchement diplômé en Relations Internationales à l'Université de Genève est d'autant plus motivé qu'il affiche clairement ses ambitions : «Je veux développer la rubrique politique, un domaine pour lequel je nourris un intérêt de longue date.» Une évolution qui devra, ligne rédactionnelle oblige, se faire principalement à travers le prisme de la jeunesse. Ces derniers mois, des articles ont par exemple traité du problème des stages mal payés en lien avec une initiative des Verts vaudois ou de la participation politique des jeunes aux votations, avec le concours CinéCivic à Genève.

Un atout sur le CV?

Tink.ch, né en 2006, compte aujourd'hui environ 15'000 visiteurs uniques par mois. «On a deux objectifs: au travers de sujets originaux, informer les jeunes sur ce qui peut les préoccuper et les concerner directement dans l'actualité, explique Alexandre Babin. Et puis, sans prétention, on essaie d'être aussi une plateforme de formation pour de futurs journalistes.» L'association organise en effet régulièrement des workshops, payants, animés par des professionnels. Surtout, le site se veut le réceptacle des premiers pas sur la planète média. «J'ai toujours voulu faire du journalisme, mais c'est un monde qui n'est pas facile à intégrer, avoue Anne Maron, 23 ans, contributrice régulière au site depuis trois ans. Un média associatif comme celui-ci permet d'effectuer ses premières armes et d'emmagasiner de l'expérience. On a toujours des retours sur nos articles de la part de nos responsables de rédaction: ça nous permet de progresser, ça nous pousse à aller plus loin.»

La culture, centre d'intérêt majeur pour les jeunes, est un domaine privilégié du webzine qui a d'ailleurs établi des partenariats avec plusieurs festivals de musique ou de cinéma, partout en Suisse. Les thèmes de société constituent aussi une priorité, mais la mode ou encore le sport sont également présents. «La plupart du temps, même si nous n'avons pas un impact ou un lectorat très important, nos interlocuteurs nous réservent un accueil plutôt sympa», se réjouit Alexandre Babin.

Et le volume de travail? Chacun fait ce qu'il peut en fonction de son temps libre, il n'y pas d'obligation de rendement.

Système D à l'honneur

Issu d'un projet de recherche à l'école professionnelle de commerce de Berne, Tink.ch s'est donc d'abord développé en Suisse alémanique. Le portail romand, avec au départ des rédactions à Lausanne et Genève avant d'en ouvrir à Fribourg et Neuchâtel, a suivi trois ans plus tard, en 2009. Mais lorsqu'on parle de rédaction, oubliez l'open space high-tech ultra-fonctionnel: les moyens sont limités. Le média est associatif et, exceptés les trois rédacteurs régionaux du pays employés à 20%, ces journalistes en herbe, pour la plupart des universitaires, sont bénévoles. Il n'y a pas de bureaux: les séances de rédaction, très participatives, se tiennent ici dans un bistrot lausannois, là dans une salle d'Uni à Genève… Les rendez-vous sont pris via Doodle ou par mail. Et sinon, il y a la téléconférence, pour les responsables régionaux.

Le webzine est financé par des dons privés, quelques subventions et les cotisations annuelles de 45 fr. de ses membres. C'est donc l'un des seuls médias où les rédacteurs paient pour travailler.

Le papier condamné?

Expérience limitée et jeunesse n'empêchent pas Alexandre Babin de réfléchir à l'avenir de la presse. Le format médiatique du futur s'annonce très différent, selon lui. Le Genevois se base sur sa propre consommation de l'information et celle des ses collègues pour l'affirmer: web, smartphones et tablettes prendront le pas sur le papier. Conséquence: «Les journalistes devront offrir beaucoup de valeur ajoutée, comme de la vidéo et du son, pour approfondir un sujet ou apporter de nouveaux angles.»

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