Votations du 25 septembre: Nos «poulets suisses» sont en réalité des secondos

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Votations du 25 septembreNos «poulets suisses» sont en réalité des secondos

Les parents de nos poulets d’engraissement sont originaires d’Europe. Dès lors, peut-on les vendre ici comme de la volaille suisse?

par
Christina Pirskanen
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La volaille suisse est-elle issue de l’élevage de masse, ou plutôt de «l’immigration» de masse?

La volaille suisse est-elle issue de l’élevage de masse, ou plutôt de «l’immigration» de masse?

TDG

Viande suisse, viande importée, le débat est brûlant à moins de deux semaines des votations du 25 septembre. Le raisonnement paraît logique: celles et ceux qui achètent du poulet suisse s’attendent à ce que les animaux proviennent de Suisse. Pourtant, certains poussins, maillon nécessaire à la chaîne de l’élevage, sont importés. Les exploitations qui élèvent les géniteurs, c’est-à-dire les pères et les mères de nos poulets d’engraissement, se trouvent principalement aux Pays-Bas, en Allemagne et en France.

Alors, nos poulets sont-ils enfants d’immigrés? Tobias Sennhauser, président de l’organisation de défense des droits des animaux Tier im Fokus, le dit: «Contrairement à la production de viande de porc, où nous avons en grande partie nos propres élevages suisses, nous sommes complètement dépendants de l’étranger pour la production de volaille.» Les grands producteurs de viande Micarna et Bell confirment importer eux aussi les géniteurs de l’étranger.

Contourner l’interdiction de pratiques d’élevage cruelles?

Selon l’Office fédéral des douanes et de la sécurité des frontières, plus de 1,2 million de poussins ont été importés en Suisse depuis la France et les Pays-Bas, entre 2018 et 2021. «Les parents pour l’élevage de poulets d’engraissement arrivent en Suisse sous forme de poussins âgés d’un jour», explique Markus Wüthrich, directeur de l’élevage de poulets Wüthrich Brüterei AG.

Selon le Bell Food Group, la mise en place d’une propre entreprise d’élevage de races de poulets serait bien trop coûteuse pour le petit marché suisse. La fondation «Tier im Recht» critique malgré tout l’importation de poussins: on contourne ainsi l’interdiction de pratiques d’élevage cruelles.

Notre dossier votations

Le 25 septembre, l’initiative «contre l’élevage intensif» est soumise au peuple.

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