Actualisé 10.09.2013 à 14:15

BerneNos prisons misent sur les cellules roses

Un nombre croissant d'établissements pénitentiaires placent leurs détenus dans des chambres roses pour les calmer. Une humiliation, selon un groupe d'entraide de prisonniers.

de
Anna Luethi/Olivia Fuchs

«L'agressivité baisse après environ 15 minutes. La durée maximale pour rester dans ce type de chambre est de 2 heures», explique la porte-parole de la police zougoise, Judith Aklin. Depuis lundi, les détenus de la prison de Cham (ZG) voient la «vie en rose». Une cellule vient d'être intégralement repeinte avec une couleur que l'on associe davantage à Barbie qu'à un établissement pénitentiaire.

La première chambre du genre a été créée en 2006 dans la prison de Pfäffikon (ZH). Depuis, les cellules roses n'ont cessé de fleurir en Suisse. «Du côté alémanique, nous en comptons une bonne vingtaine dans le domaine de la justice et à peu près le même nombre dans les institutions sociales et médicales», confirme la psychologue Daniela Späth qui a développé de concept Cool Down Pink. Elle pense que celui-ci continuera à s'imposer durant les prochaines années. Selon elle, la méthode est bon marché et son efficacité prouvée scientifiquement.

Du côté romand, le poste de police de Bienne (BE) dispose depuis 2010 de quatre cellules roses pour ses détenus. La durée maximale d'incarcération y est de 24 heures. En février 2012, l'établissement de la plaine de l'Orbe (VD) en a installé une dans le quartier de haute sécurité. A Neuchâtel, on teste une telle chambre depuis quelques semaines dans la prison de La Promenade: «C'est trop tôt pour faire un premier bilan, nous n'avons pas encore assez de recul. Il faudra sûrement attendre au moins un ans avant de savoir si ces chambres sont efficaces ou non. La cellule est principalement utilisée comme mesure disciplinaire ou d'isolement. Les détenus y restent temporairement. Elle s'adresse particulièrement aux personnes agitées, agressives ou à celles qui s'automutilent», confirme Valérie Gianoli, cheffe du service pénitentiaires du canton.

«Je ne suis pas convaincu de l'efficacité. Et je trouve que la couleur rose est assez humiliante pour les prisonniers», estime pour sa part Peter Zimmermann qui dirige un groupe d'entraide pour les détenus, Reform 91. Ses critiques ne sont pas partagées par les directeurs de l'établissement pénitentiaire de Pfäffikon. Selon leur porte-parole, Rebecca de Silva, les résultats sont très positifs.

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