Actualisé 22.01.2020 à 22:48

Françaises en Syrie«Notre aventure n'était pas top, on veut rentrer»

L'AFP a rencontré des Françaises qui avaient rejoint le groupe État islamique et sont désormais détenues dans un camp. Témoignages.

Dans le nord-est de la Syrie, au milieu du désert, le camp d'Al-Hol est surpeuplé de familles liées au groupe État islamique. L'Agence France-Presse (AFP) y a rencontré une Française qui supplie le gouvernement de pouvoir rentrer au pays avec ses enfants. «On souhaiterait que le gouvernement français nous laisse une chance de nous racheter. On aimerait bien qu'il nous rapatrie. Je sais qu'il y en a énormément ici qui veulent rentrer, et il y a une autre moitié qui ne veut pas. Mais après, ça, c'est leur problème», affirme ainsi la trentenaire.

«Plus difficile ici que quand j'étais en France»

Comme beaucoup, elle pensait en arrivant en Syrie pouvoir vivre un islam normal, porter le niqab librement. «Mais en fait, je me suis rendu compte que c'était encore plus difficile ici que quand j'étais en France», poursuit la jeune femme.

Mais deux autres femmes, elles aussi venues de France, sont plus dubitatives sur la perspective d'un rapatriement. L'une d'elle dit même craindre d'être séparée de son enfant. «S'il y a un rapatriement, on aimerait bien ne pas être séparées des enfants et qu'on reste ensemble, insiste Nour, 23 ans. Si c'est pour nous séparer, franchement, je ne vois pas l'intérêt de nous rapatrier. S'ils nous laissent nos enfants, et qu'on écope d'une petite peine, et puis après qu'on peut refaire notre vie normale, oui. Mais si c'est pour prendre 10 ans de prison, que mes enfants soient placés à la DDASS (ndlr: les services sociaux), et que je ne sais pas où ils sont, non. On a fait une aventure, c'était pas top, on veut revenir, c'est tout», conclut-elle.

(20 minutes/afp)

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