Zurich - «Notre mère doit quitter la Suisse après 39 ans»
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Zurich«Notre mère doit quitter la Suisse après 39 ans»

Une Congolaise doit quitter la Suisse en raison de factures de caisse maladie impayées. Ses enfants se battent pour qu’elle puisse rester.

par
Daniel Krähenbühl/ofu
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L.N., 58 ans, a quitté son pays d’origine, la République du Congo, pour venir s’installer en Suisse à l’âge de 19 ans. Elle vit et travaille depuis 39 ans en ville de Zurich. Elle y a également élevé trois enfants. Or, comme la mère de famille a dû percevoir de l’aide sociale pendant plusieurs années et qu’elle ne pouvait plus payer ses factures d’assurance maladie, l’Office des migrations a récemment décidé de ne pas prolonger son permis de séjour.

«Cela ma brise le coeur qu’on veuille expulser ma mère qui a passé presque toute sa vie en Suisse», raconte sa fille, N.N. Selon la trentenaire, sa mère a eu recours à l’aide sociale parce qu’elle avait dû momentanément quitter son emploi pour s’occuper de sa petite soeur, qui souffrait alors d’une maladie pulmonaire. «Elle était beaucoup à l’hôpital et ne pouvait donc pas aller travailler.» L.N. aurait longtemps gardé pour elle le fait qu’elle avait des dettes et qu’elle risquait l’expulsion. Elle en a informé ses enfants il y a peu de temps seulement. «L’Office des migrations reproche par avance à notre mère qu’elle s’endettera encore davantage si elle reste en Suisse. Or, elle ne perçoit plus d’aide sociale depuis plusieurs années déjà», dénonce N.N.

La jeune femme de 35 ans pense que sa mère ne supporterait pas de devoir retourner en République du Congo. «Elle n’y est retournée qu’une seule fois pour un enterrement au cours des 39 dernières années. Elle n’a pas d’amis et pas de famille là-bas.» Et d’ajouter: «Elle n’aurait personne et serait totalement perdue.» Raison pour laquelle la famille a engagé un avocat pour faire opposition à la décision des autorités.

Toutes les tentatives de nos collègues alémaniques pour joindre l’Office des migrations en charge du dosser sont restées vaines.

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