CFF: «Nous allons dans le mur», avertit Michel Béguelin
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CFF«Nous allons dans le mur», avertit Michel Béguelin

Retards, pannes, réseau saturé, manque de personnel, la situation des CFF est «préoccupante», juge l'ancien conseiller aux Etats Michel Béguelin.

Fils et petit-fils de cheminot, ex- cheminot lui-même, il avertit: «Nous allons dans le mur».

Le socialiste vaudois ne mâche pas ses mots dans une interview publiée mercredi par «L'Illustré». Deux conseillers fédéraux en prennent pour leur grade: Hans-Rudolf Merz, accusé d'avoir fait du frein à l'endettement «un dogme intangible, une obsession», et Moritz Leuenberger, «minorisé par la droite» et «trop attaché à la collégialité».

«M. Merz n'a cessé de répéter aux CFF de faire mieux avec moins», critique M. Béguelin. «Et Berne parle encore de sabrer entre 5 % et 10 % du budget des transports d'ici à 2015. C'est aberrant».

«Il a laissé faire les Zurichois»

Concernant Moritz Leuenberger, l'ex-syndicaliste souhaiterait «qu'il soit plus dynamique, qu'il tape du poing sur la table, qu'il dise publiquement qu'en tant que chef des transports, il n'est plus d'accord». «Mais ce n'est pas son style», déplore Michel Béguelin.

Autre reproche à l'adresse du ministre des transports: «Il a laissé faire les Zurichois» qui en quinze ans ont fait voter à trois reprises des budgets de 500 millions de francs, deux fois pour le S-Bahn, et une fois pour la nouvelle gare souterraine. «La Confédération, devant participer financièrement, se retrouve placée devant le fait accompli».

Romands «sur de bons rails»

M. Béguelin salue toutefois «les initiatives des Zurichois», dont la nouvelle gare «va améliorer tout l'axe est-ouest du pays». Côté romand, les gouvernements «comprennent mieux les enjeux» que par le passé. «Ils sont sur de bons rails, mais devraient passer à la vitesse supérieure».

Et de souligner l'importance vitale des infrastructures: «Elles doivent être efficaces, chaque retard a des effets sur le trafic pendulaire, mais aussi sur le trafic des marchandises. Au final, cela ralentit la croissance économique. Nous nous rapprochons du mur. Nous avons trois ans pour corriger le tir», selon M. Béguelin.

Enfin, l'ancien conseiller aux Etats se dit «choqué» par la rémunération du patron des CFF Andreas Meyer, soit 1,2 million de francs pour 2007. Ce même directeur «qui demande des sacrifices et des heures supplémentaires aux agents» touche «le double de son prédécesseur Benedikt Weibel». «Ça ne joue pas du tout», conclut Michel Béguelin.

(ats)

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