Genève: «Nous avons appris l'alerte attentat dans les médias»
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Genève«Nous avons appris l'alerte attentat dans les médias»

Policiers cantonaux et municipaux de Genève ne partagent pas la même fréquence radio. Les seconds se sentent vulnérables.

par
Julien Culet
Les policiers municipaux genevois ne sont pas armés et ont principalement une action de proximité.

Les policiers municipaux genevois ne sont pas armés et ont principalement une action de proximité.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Le syndicat des agents de la police municipale (APM) de la Ville de Genève tire la sonnette d'alarme: ses hommes ne seraient pas assez informés. Un problème quand la menace terroriste se précise, comme en décembre. «Nos collègues de Genève ont appris le relèvement de l'alerte attentat dans les médias», affirme Cyril Nobs, vice-président du syndicat, en poste à Vernier (GE). L'interdiction pour eux d'écouter la fréquence radio de la police cantonale hors des véhicules est en cause, d'après lui: «Nous avons pour vocation principale d'assurer une présence sur le terrain, à pied ou à vélo»

Les quelque 150 policiers municipaux de Genève sont les seuls du canton à avoir leur propre centrale d'appel. Les agents des autres communes utilisent la fréquence de la police cantonale. «Il arrive donc qu'ils sont informés d'un fait divers quand on les croise. Ça n'a pas de sens», regrette le responsable. Il craint ainsi que des APM «tombent, sans le savoir, sur une voiture de jihadistes».

A trois oui, à deux non

Le syndicat dit s'être ému de cette situation auprès de la hiérarchie il y a un mois. Depuis, les agents municipaux peuvent écouter la fréquence lorsqu'ils travaillent à trois. «Étant donné que la quasi-totalité de nos patrouilles se compose de deux agents, ce n'est dès lors plus possible», affirme le syndicat.

Le syndicat des policiers municipaux peine à expliquer pourquoi leur accès à la fréquence radio de leurs collègues cantonaux est limitée. «C'est sans doute un problème politique. La Ville tient à sa centrale, avance le vice-président. Ils ont aussi peur que deux agents se dispersent, avec deux centrales à écouter.»

Centrales connectées

Le Département de la sécurité de la Ville défend sa centrale spécifique. «Les habitants appellent la police municipale pour des besoins liés à des problèmes de quartiers (bruit, petite délinquance, etc..), indique-t-il. Il ne ferait pas sens d'encombrer le standard de la police cantonale, qui doit gérer des dangers imminents.»

Il précise également les contacts existant entre les deux corps policiers. «La centrale d'engagement de la police municipale est branchée sur la fréquence radio de la police cantonale, justifie le Département de la sécurité. En cas de besoin, les informations sont transmises sans délai aux agents municipaux sur le terrain.» Mais d'après le syndicat, ce fonctionnement est mis à mal car la centrale Ville est «en sous-effectif et débordée».

Agents alertés, «en temps utiles»

Après le relèvement de l'alerte attentat à Genève, les policiers municipaux ont été informés au jour le jour des mesures prises au niveau cantonal. Le syndicat regrette que cela ne se soit pas fait tout de suite mais «après être intervenu auprès de l'Etat pour demander les raisons pour lesquelles le corps n'a pas été averti du danger». Le Département cantonal de la sécurité explique que «la police municipale a été informée en temps utiles et selon les protocoles établis, au moment où il a été décidé de les intégrer dans le dispositif».

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