Coronavirus en Suisse - «Nous avons gagné un match, mais pas le tournoi»
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Coronavirus en Suisse«Nous avons gagné un match, mais pas le tournoi»

Malgré l’augmentation des cas, l’OFSP considère que la situation en Suisse est bonne et insiste sur l’importance de la vaccination.

par
Julien Baumann
Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

Capture d’écran You Tube

Depuis quelques jours, le nombre de cas de Covid-19 enregistré en Suisse est reparti à la hausse. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ne s’est pour l’instant pas montré alarmiste face à cette évolution. Devant la presse, mardi après-midi à Berne, Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP, a estimé que «la situation épidémiologique restait très bonne», au regard des chiffres des dernières semaines. Elle a noté que le nombre de décès, d’hospitalisations restait bas tout comme le taux de positivité des tests.

On compte 274 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures en Suisse ce mardi, mais aucun décès de plus n’a été enregistré et trois malades ont été hospitalisés. Le taux de positivité s’élève à 1,25%. Viriginie Masserey a imputé l’augmentation des cas au nouveau variant Delta et au fait que les jeunes n’ont pas encore tous eu accès à la vaccination.

«Il convient de rester très attentif face aux couches de la population qui ne sont pas encore vaccinées», a-t-elle dit. «Cela concerne principalement les enfants, notamment ceux de moins de 12 ans, qui ne sont pas encore dans la catégorie», a-t-elle poursuivi. «Des tests répétés peuvent permettre de protéger ces enfants, ainsi que la vaccination des adultes de leur entourage.»

L’OFSP ne crie pas victoire

L’OFSP considère que la vaccination reste la meilleure façon d’éviter les cas graves. Virgine Masserey dit observer ce qui se passe dans d’autres pays, notamment en Grande-Bretagne et en Israël, où le variant Delta est dominant. «On remarque une hausse des nouvelles infections, mais pas des hospitalisations», constate-t-elle. Actuellement en Suisse, 38% de la population est entièrement vaccinée. Chez les adultes, la proportion atteint 46%.

Selon le chef de la Task Force scientifique de la Confédération, Martin Ackermann, la situation dans les mois à venir dépendra de la vaccination d’un maximum de personnes. «Si vous ne voulez pas voir davantage de décès et de nouvelles restrictions, vous devriez vous faire vacciner et encourager les autres à le faire aussi», a-t-il déclaré.

«En résumé, c’est l’été, la saison des festivals, des événements sportifs, des voyages, on sent un avant-goût de normalisation dans la population et c’est réjouissant», a conclu Virginie Masserey tout en appelant à ne pas crier victoire trop tôt. «C’était réjouissant de voir les fans de football, mais comme pour les compétitions sportives, gagner un match, ce n’est pas encore gagner le tournoi. Si la situation reste bonne, on voit se dessiner une augmentation et il faut rester prudent. Il faut songer à la vaccination, il y a des rendez-vous disponibles et il y a assez de vaccins.»

D’après les informations données ce mardi par l’OFSP, la stratégie du Conseil fédéral se poursuivra donc ces prochaines semaines. Va-t-on voir une fin de l’obligation du port du masque dans les transports publics? «Seulement quand il y aura suffisamment de personnes vaccinées ou immunes, pour que la circulation du virus ne soit plus une menace», répond Virginie Masserey.

Des restrictions sont-elles encore possibles si le nombre de nouvelles infections continue d’augmenter? «C’est ce que nous voulons empêcher», dit Virginie Masserey. «Il pourrait alors y avoir des restrictions, mais on préférerait s’engager dans la voie qui consiste à n’autoriser que les événements bénéficiant du certificat Covid plutôt que de prendre une mesure comme la fermeture des restaurants.»

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