Réchauffement climatique: «Nous avons les moyens de parvenir à l'objectif 0»
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Réchauffement climatique«Nous avons les moyens de parvenir à l'objectif 0»

Il sera difficile de limiter le réchauffement à 1,5 degré, selon un rapport publié lundi. La Suisse est donc appelée à en faire davantage.

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Pauline Rumpf/ats
Comme d'autres, le glacier du Rhône a reculé de façon significative.

Comme d'autres, le glacier du Rhône a reculé de façon significative.

AFP/Fabrice Coffrini

Les craintes se confirment au sujet du réchauffement climatique: à son rythme actuel, «il est probable» qu'il atteigne 1,5 degré dès 2030, a annoncé lundi le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Mais dans certaines régions, comme l'Arctique mais aussi la Suisse, l'évolution est bien plus rapide.

«Au niveau mondial, la température a augmenté de 1 degré, mais on en est déjà à 2 degrés en Suisse», explique la professeure Martine Rebetez, climatologue à l'Université de Neuchâtel. Les conséquences sont visibles dès aujourd'hui: les canicules comme celle de cet été vont se faire plus fréquentes, les précipitations plus intenses, et l'enneigement plus rare et plus haut en altitude. Avec des risques pour la population, comme les laves torrentielles et les glissements de terrain, mais aussi les sécheresses. Des changements dans la végétation font aussi leur apparition. «On ne parle pas juste d'un dérèglement pour les générations futures, poursuit Martine Rebetez. Nous sommes déjà les générations futures, ainsi que toutes celles qui vivront au XXIe siècle.»

Pionnière de l'innovation, la Suisse a pourtant sa carte à jouer, ont fait valoir de nombreuses organisations, qui ont présenté leurs propositions (lire encadré). L'objectif global est de parvenir à «zéro émission nette» de CO2 d'ici à 2050, en cherchant l'équilibre avec l'aide d'«émissions négatives». En clair, des systèmes techniques et biologiques permettent d'éliminer le CO2 déjà émis dans l'air.

«Notre pays a un statut particulier, parce qu'il est riche, qu'il a bonne réputation et qu'il est observé à l'étranger, estime la professeure. De plus, la Suisse émet autant sur son territoire qu'à l'étranger. Techniquement, nous avons les moyens de parvenir à l'objectif «zéro» en dix ans, en agissant sur trois aspects: le chauffage, la mobilité, et l'alimentation.»

Quelques bonnes notes, mais encore du pain sur la planche

La Suisse reçoit de bonnes notes de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour ses progrès depuis 2012, notamment dans l'efficacité énergétique des bâtiments et le développement des énergies renouvelables. Mais elle doit en faire plus pour les mesures d'encouragement. Reste à finaliser l'accord en négociation avec l'UE sur l'électricité et à aménager la nouvelle loi sur le CO2, souhaite l'AIE. Pour l'Alliance climatique, qui réunit 76 organisations et partis, la Suisse doit accélérer l'élimination des combustibles fossiles, et faire contribuer les «pollueurs d'aujourd'hui» à la purification future de l'air. Une marche pour le climat aura lieu samedi à Genève.

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