Gymnase du Soir – «Nous avons signé une convention de démantèlement de l’école»
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Gymnase du Soir«Nous avons signé une convention de démantèlement de l’école»

Actif depuis 1965, le Gymnase du Soir mettra la clé sous la porte en 2024. Le Canton assurera ensuite les formations de Secondaire II pour adultes. Un projet entend néanmoins aider les étudiants exerçant une activité professionnelle.

par
Lauren von Beust
20min

«Dès 2024, nous fermerons boutique. Nous avons signé une convention de démantèlement de l’école début décembre sous une très forte pression», confie à regret Olivier Maggioni, directeur du Gymnase du Soir (GYS).

Depuis la rentrée de septembre, le Canton de Vaud propose une école de maturité au Gymnase pour adultes (GyPAd) sur le site de Chamblandes à Pully. Une prestation jusque-là assurée par le GYS, actif depuis 1965, et dont les cours sont dispensés à l’avenue de Provence à Lausanne.

But de la manœuvre cantonale: «Rapatrier l’ensemble des formations certifiantes de niveau Secondaire II pour adultes au sein d’un pôle de compétences rattaché directement à l’État de Vaud», déclare Lionel Eperon, directeur général de l’enseignement postobligatoire (DGEP). Ladite convention prévoit en outre la reprise d’une partie du personnel du GYS.

L’établissement lausannois ne propose donc plus de nouvelles formations, mais poursuivra jusqu’en juin 2024 celles qui sont en cours, avant de mettre la clé sous la porte.

Tutorat à distance

Des deux côtés, on tient à ce que la transition se fasse en douceur et dans l’intérêt des étudiants. Proposé par le GYS, un projet pédagogique de formation par tutorat à distance – dit «GYS 2.0» – a été récemment retenu par le Canton. Il viendra compléter l’offre dès septembre 2022.

Ce projet pilote consiste en «une maturité bimodale, soit une adaptation de l’école de maturité actuelle avec une diminution du temps de présence des étudiants de quatre soirs à trois soirs par semaine. L’idée est de rendre encore plus accessible cette filière aux personnes en emploi, chose que le projet du Département de la formation semblait quelque peu sacrifier», glisse Olivier Maggioni.

Cette «réorganisation et flexibilisation progressive des modalités d’enseignement, sans toutefois modifier le plan d’étude ni les exigences, faciliterait la tâche des étudiants qui exercent une activité professionnelle supérieure à 70-80%», poursuit Lionel Eperon.

Si «GYS 2.0» obtient le feu vert de la Commission suisse de maturité – responsable de la reconnaissance des titres au niveau national – et qu’il fait ses preuves, le projet sera repris par le GyPAd à la rentrée 2024.

Pas le même planning

Bien que les deux institutions poursuivent le même but, leur planning diffère. À en croire l’expérience des étudiants du GYS, qui s’étaient confiés en juin dernier (voir vidéo), le GyPAd n’est aujourd’hui pas adapté à tous les profils.

À Pully, les élèves ont une demi-journée de cours en plus, soit le vendredi après-midi à partir de 15h45. Les autres soirs de semaine, la leçon débute à 18h10, au lieu de 18h30 actuellement à Lausanne. Et si l’établissement lausannois est ouvert à tous à partir de 20 ans, à Pully, les étudiants ont en moyenne entre 25 et 30 ans.

Reportage de juin 2020 sur le Gymnase du Soir.

Entre objectifs et adaptations

En septembre dernier, quelque 25 nouveaux élèves de première année ont rejoint l’École de maturité pour adultes (EMA), tandis qu’ils étaient 62 à s’inscrire au GYS.

Pour la rentrée prochaine, le GyPAd prévoit d’accueillir plus d’une centaine d’étudiants de maturité répartis dans six classes, tous niveaux confondus. «À terme, nous devrions tourner avec deux classes dans chaque niveau de l’École de maturité, pour un total de quelque 150 à 180 étudiants», précise la DGEP.

En comptant la filière de l’École de culture générale et autres formations, près de 550 adultes fréquentent actuellement le GyPAd.

Quant à l’avenir des formations préalables pour l’admission à l’université, celles-ci seront encore assurées par le GYS jusqu’en 2024. Mais pour la suite, le Canton devra trouver un nouveau partenaire. Si des discussions sont en cours, aucune décision n’a encore été prise.

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