Guerre en Ukraine - «Nous devons être préparés à tous les risques»

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Guerre en Ukraine«Nous devons être préparés à tous les risques»

Dans une interview accordée ce dimanche à la «SonntagsZeitung», la conseillère fédérale Viola Amherd s’est dite favorable à une augmentation du budget de l’armée sur le long terme.

L’adhésion à l’OTAN n’est pas une option pour la Valaisanne.

L’adhésion à l’OTAN n’est pas une option pour la Valaisanne.

AFP

La guerre en Ukraine a relancé le débat autour du développement des équipements militaires dont dispose l’armée. Et si la Suisse était davantage menacée par les effets indirects d’un conflit international – comme une cyberattaque ou un usage abusif de l’espace aérien –, «nous devons être préparés à tous les risques», a annoncé ce dimanche la conseillère fédérale, Viola Amherd, dans une interview accordée à la «SonntagsZeitung».

Et alors que l’UDC et le PLR se sont prononcés cette semaine pour une hausse des dépenses pour la défense de la Suisse et une croissance des effectifs de l’armée, la cheffe du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) s’est dite favorable à «une augmentation du budget de l’armée de deux milliards de francs, à plus long terme».

La position du PLR et de l’UDC

Les deux partis de droite ont donné ce dimanche plus de détails sur les raisons qui les poussent à demander une augmentation des dépenses de l’armée. Dans la «NZZ am Sonntag», le conseiller aux États UDC, Werner Salzmann, qui est aussi le président de la Commission de la politique de sécurité, a expliqué souhaiter l’achat de gilets pare-balles pour tous les militaires et équiper les F/A-18 de munitions adéquates pour le combat terrestre. Il a aussi parlé de réactiver les chars désaffectés. Le PLR, par la voix de son président, Thierry Burkart, demande des armes lourdes et des chars de combat.

Cela permettrait non seulement le renouvellement des forces aériennes, «une priorité absolue, rappelle Viola Amherd, sinon nous risquons de manquer de sécurité à partir de 2030 quand les F/A-18 seront mis hors service», mais aussi de mieux armer le pays contre les cyberattaques et de rééquiper les troupes au sol, détaille-t-elle.

L’adhésion de la Suisse à l’OTAN fait débat

Avec la guerre en Ukraine se pose aussi la question d’une adhésion de la Suisse à l’OTAN. Et si certains veulent lancer le débat sur un rapprochement concret de la Suisse avec l’organisation politico-militaire – à l’image de Mauro Mantovani de l’Académie militaire de l’EPFZ, Viola Amherd ne considère pas cela comme une option. «En tant que pays souverain et neutre, nous devons en premier lieu pouvoir nous protéger nous-mêmes.»

Un avis qui n’est pas partagé par Stefan Holenstein, président de la Conférence nationale des faîtières militaires. «La neutralité armée fait certes partie de l’identité de la Suisse mais une adhésion à l’OTAN pourrait être avantageuse pour la sécurité de la Suisse», explique-t-il dans la «NZZ am Sonntag».

(aze)

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