Actualisé 26.03.2018 à 14:29

Elections à Genève

«Nous mettons en avant ceux qui nous respectent»

Les candidats aux élections cantonales croulent sous les demandes de prise de position des associations. Y répondre peut faire la différence.

de
Julien Culet
Les candidats aux élections cantonales (ici les prétendants au Grand Conseil) posent avec leur chien voire leur chat dans le cadre de la campagne du mouvement Genève Chiens.

Les candidats aux élections cantonales (ici les prétendants au Grand Conseil) posent avec leur chien voire leur chat dans le cadre de la campagne du mouvement Genève Chiens.

Genève Chiens

Propriétaires de chiens, cyclistes, enseignants ou encore antispécistes. Autant de groupes d'intérêts qui ont soumis ces dernières semaines des questionnaires aux candidats aux élections cantonales de Genève. Leur but: connaître la position de chacun sur la thématique qui leur est chère. «J'en ai traité plus d'une vingtaine. C'est impressionnant ce que nous recevons depuis le début de la campagne, témoigne la candidate PLR à l'Exécutif Nathalie Fontanet. Les remplir avec sérieux demande du temps, pour ne pas prendre des engagements qu'on ne peut pas tenir.»

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Au milieu du mois, le groupe Genève Chiens a publié et diffusé un dépliant présentant les prétendants au Gouvernement et au Parlement qui possèdent un canidé et ont été actifs pour la défense des propriétaires. «Nous mettons en avant ceux qui nous respectent par rapport aux autres. On appelle à voter pour eux», explique Manuel Alonso Unica, président du mouvement de maîtres de chiens. Les candidats posent ainsi en photo avec leur animal.

Pour celui qui est aussi sur la liste socialiste au Grand Conseil, une telle action peut avoir un réel impact.« Si les gens hésitent, notre dépliant peut leur donner des idées», estime Manuel Alonso Unica. Le prospectus est distribué dans la rue, mis en ligne et remis aux vétérinaires et aux toiletteurs. Le mouvement dit s'être prémuni contre la récupération politique. «Nous mettons en valeur ceux qui ont vraiment fait quelque chose, précise le président. Nous avons relégué ceux qui ont tenté de nous baratiner sur une liste passive.»

Membres mis en valeur

De son côté, Pro Velo met à disposition sur son site les réponses des partis à ses questions. Elles concernent aussi bien les bicyclettes en libre service que la cohabitation cyclistes-piétons. «Une campagne électorale est le bon moment pour mettre en avant les thèmes de Pro Velo et de donner l'occasion aux partis de s'exprimer sur le fond de leurs programmes», indique le porte-parole Rolin Wavre. L'organisation précise aussi les candidats qui en sont adhérents. «Notre association se doit d'indiquer à ses membres et sympathisants quels sont les personnalités et les partis qui soutiendront le mieux le réseau cyclable, par exemple», poursuit-il.

Prises de position décisives

Pour les candidats, répondre à ces questionnaires n'est pas dénué d'intérêt, d'après les spécialistes. «Le but est de se détacher des autres membres de son parti», explique le politologue genevois Pascal Sciarini. Lors des élections cantonales, les citoyens votent pour des listes. Ceux qui sont les mieux classés dans leur parti sont ensuite élus. «Parfois quelques voix en plus peuvent faire la différence», rappelle le professeur. Des voix qui peuvent ainsi être engrangées grâce au soutien d'associations.

Mais le poids de ces dernières est déterminant. «Leur impact va dépendre de la force de la thématique au sein de la population», précise Pascal Sciarini. Et il rappelle que les électeurs ne sont pas définis par un seul critère. «Quand on a un chien, on a certainement d'autres centres d'intérêts et on va prendre en compte d'autres aspects d'un programme politique», estime le politologue.

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