«Nous n'avons pas enquêté sur Ségolène Royal»
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«Nous n'avons pas enquêté sur Ségolène Royal»

Les Renseignements Généraux (RG) n'ont reçu «aucun ordre en ce sens du cabinet de Nicolas Sarkozy», selon son directeur central.

«Je suis formel: nous n'avons pas enquêté sur Ségolène Royal et son patrimoine immobilier» comme l'a affirmé «Le Canard enchaîné», assure le directeur central des Renseignements généraux, Joël Bouchité, dans un entretien au «Monde» daté de vendredi.

«Nous n'avons pas enquêté sur Ségolène Royal et son patrimoine immobilier. Cela n'entre pas dans nos attributions. Nous n'avons reçu aucun ordre en ce sens du cabinet de Nicolas Sarkozy, encore moins du directeur général de la police», assure M. Bouchité à propos de la polémique marquant le début de la campagne présidentielle. Et de dénoncer des «informations mensongères» qui «jettent le discrédit» sur les RG.

A la question de savoir si les RG sont encore une «police politique», M. Bouchité note que «l'expression date d'une époque où les RG étaient associés à la politique, car nous faisions des analyses électorales. Les vieux démons sont ressuscités à des fins partisanes, alors que les RG se détachent de la chose publique depuis les années 1990. On a considérablement modernisé le service». Du reste, une «instruction ne relevant pas de nos missions ne remonterait pas jusqu'à nous», selon le directeur central.

Depuis 2004, «nous avons trois missions principales fixées par le ministre: la lutte contre le terrorisme, notamment islamiste, la lutte contre les violences urbaines, l'anticipation et la gestion des crises, c'est dailleurs tout le champ d'intervention de la section 'contestations et violences'».

Quant à Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace France et actuel membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal, il «était connu pour son engagement à Greenpeace, il connaît les policiers qui suivent son parcours», note Joël Bouchité.

«Il s'agit pour nous d'un travail classique de renseignement sur des individus impliqués dans la contestation. Nous n'avons cherché aucun élément concernant sa vie privée», assure-t-il.

Les dossiers des RG, en définitive, «concernent tous les types d'individus, on ne se positionne pas par rapport à tel ou tel parti. Nous avons, à la DCRG, environ 800.000 fiches et dossiers». Et si Antoine Royal, un des frères de la candidate socialiste, a lui aussi été fiché, c'est parce qu'il était «installé comme chef d'entreprise» et donc «connu de notre fonctionnaire local».

«On a l'habitude d'être dans l'oeil du cyclone, mais aujourdhui, on nous fait un faux procès», se défend M. Bouchité qui confirme l'existence d'une enquête administrative pour retrouver «les éventuels auteurs» de fuites dans le service. (ap)

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