Actualisé 14.02.2011 à 21:37

Suisses sous pression«Nous ne sommes pas des machines»

Entraîneur à Swiss-Ski, Bertrand Dubuis estime que ses coureurs ont trop de pression aux Mondiaux de Garmisch (All).

Bertrand Dubuis (en médaillon) s'occupe principalement de Silvan Zurbriggen, qui a enfourché lors de la manche de slalom du super-combiné.

Bertrand Dubuis (en médaillon) s'occupe principalement de Silvan Zurbriggen, qui a enfourché lors de la manche de slalom du super-combiné.

En cause selon lui: les objectifs fixés par sa Fédération et les demandes des médias.

«On (réd: Swiss-Ski) nous a dit que l'objectif était de six médailles. Mais au lieu de s'appuyer sur ce qui a été accompli il y a deux ans à Val d'Isère, il aurait fallu regarder quels athlètes étaient au départ. Pour la descente, nous avons dû faire par exemple sans Didier Défago ou Carlo Janka. En super-combiné, nous n'avions que deux coureurs au départ», relève Bertrand Dubuis, qui s'occupe principalement de Silvan Zurbriggen.

«En tant que nation de ski alpin, la Suisse se doit de réussir. Mais il nous manque des athlètes, et les coureurs restants sont davantage sous stress», remarque-t-il. «On nous demande de faire six médailles. Mais nous ne sommes pas des machines. Des jours ça marchent, d'autres pas», lâche le coach valaisan.

Selon lui, la pression médiatique est aussi pénalisante. «En Norvège, le sport phare est le ski de fond. Et en Italie, c'est le football. Personne ne s'intéresse au ski alpin. En arrivant à Garmisch, la presse parle très peu d'eux et cela leur laisse une certaine tranquillité», note-t-il en référence au podium du super-combiné, occupé par Svindal (No), Innerhofer (It) et Fill (It). «Côté suisse, toutes les interviews et les diverses demandes finissent par trotter dans la tête des coureurs. Nos gars n'ont jamais le temps de penser à autre chose, ni de faire le vide», explique-t-il.

Lundi après le super-combiné, les skieurs helvétiques n'ont pas tenu le même discours que leur entraîneur. Bluff ou vérité, Silvan Zurbriggen a assuré s'être senti «à l'aise», «tranquille», «sans pression». Le néophyte Beat Feuz a aussi affirmé être resté zen: «Je n'étais pas spécialement nerveux entre les deux manches. Je n'avais rien à perdre en slalom. J'ai juste tenté de saisir ma chance.» (ats)

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