Liberté d’expression – «Nous ne sommes pas élus pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser»
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Liberté d’expression«Nous ne sommes pas élus pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser»

Contrairement à l’Exécutif de la ville de Genève, le syndic de Lausanne et son collègue à la sécurité publique refuseraient d’interdire une tribune publique à Eric Zemmour.

par
Frédéric Nejad Toulami
L’élu socialiste Grégoire Junod (à g.) ne cautionne pas les tentatives d’empêcher la venue d’Eric Zemmour en Suisse. 

L’élu socialiste Grégoire Junod (à g.) ne cautionne pas les tentatives d’empêcher la venue d’Eric Zemmour en Suisse.

dr/afp

Le microcosme politico-médiatique genevois s’enflamme à mesure que la date de la venue, annoncée le 24 novembre, du journaliste et écrivain français Eric Zemmour approche. L’Exécutif, à vaste majorité de gauche, de la ville du bout du lac Léman avait annoncé à la RTS refuser de louer une salle communale pour la tenue d’un débat avec le probable candidat à la prochaine élection présidentielle en France.

Les libertés d’expression et d’opinion sont des valeurs avec lesquelles il ne faut pas transiger

Grégoire Junod, syndic socialiste de Lausanne

À environ 60 km de là, les autorités politiques de Lausanne dévoilent un autre avis dans l’hypothèse où le polémiste considéré d’extrême droite décidait de venir y tenir une conférence. «La Municipalité n’en a pas discuté collégialement pour l’heure mais je peux répondre à titre personnel, précise le syndic Grégoire Junod. Je n’ai aucune sympathie pour Zemmour mais je ne vois pas au nom de quel motif nous devrions l’interdire. Les libertés d’expression et d’opinion sont des valeurs avec lesquelles il ne faut pas transiger.»

Et afin de bien se distinguer de la démarche de ses collègues en ville de Genève, le syndic socialiste de Lausanne souligne: «Nous ne sommes pas élus pour dire aux gens ce qu’ils doivent penser. Il en va de même d’éventuelles manifestations qui devraient être autorisées. Sous réserve évidemment qu’il n’y ait pas de risque réel de sécurité publique. »

Des appels à manifester

L’ordre public justement. Des collectifs de gauche et d‘extrême gauche veulent manifester bruyamment à Genève en cas de présence d’Eric Zemmour afin de faire entendre leur désapprobation. Mais certains pourraient faire pression sur la sécurité autour de la tenue du débat du 24 novembre afin que les autorités préfèrent interdire la venue du polémiste, condamné par la justice française pour «provocation à la haine raciale ou religieuse», afin d’éviter tout débordement. Une telle stratégie pourrait aussi prévaloir à Lausanne où la gauche radicale est également active.

Pas d’interdit même en cas de menaces à l’ordre public

En cas de menace à l’ordre public lors de rassemblements anti-Zemmour, la ville de Lausanne devrait-elle empêcher le probable candidat au Palais de l’Elysée de venir s’exprimer? «Non car la liberté d’expression doit être affirmée», déclare le directeur libéral-radical de la Sécurité communale Pierre-Antoine Hildbrand. Collègue de Grégoire Junod à l’Exécutif de la capitale vaudoise, il promet que la police veillerait à ce que les avis opposés puissent s’exprimer sans désordres».

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