France voisine: «Nous nous fiançons vers 13-14 ans»

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France voisine«Nous nous fiançons vers 13-14 ans»

Alors que trois fillettes victimes d'un présumé trafic d'enfants ont été retrouvées dans le Doubs en Belgique et en Allemagne, les personnes accusées parlent d'une simple tradition.

par
lgü

Plusieurs suspects, originaires de Serbie, ont été présentés jeudi à un juge d'instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en charge d'une information judiciaire ouverte notamment pour «traite des êtres humains en bande organisée» et «association de malfaiteurs», selon le «Le Républicain Lorrain».

Trois jeunes filles âgées entre 13 et 16 ans ont été retrouvées à Montluçon et dans le Doubs ainsi que près de Gand en Belgique où trois personnes ont été interpellées. «Elles n'ont pas subi de violences apparentes», indique Grégory Weill, substitut du procureur de la Jirs. «L'enquête et l'audition des victimes devra déterminer comment elles sont arrivées en France, ce qu'elles ont vécu et combien d'autres jeunes filles ont été concernées par ce trafic».

Pour les présumés responsables, l'explication est tout trouvée: «C'est dans notre culture. Nous nous fiançons vers 13-14 ans et nous nous marions vers 15-16 ans. Le père de la fille devait d'ailleurs venir nous voir pour ça. Il a quitté la Macédoine et il est arrivé en France mercredi... Mais on ne sait pas où il est et on ne sait pas comment le contacter car la police nous a pris nos portables. C'est une catastrophe! », rapporte le journal.

Cependant, la justice française peine à croire cette explication. Saisis en janvier 2012, les enquêteurs de la police judiciaire de Besançon et de la police aux frontières (Paf) de Moselle et du Doubs se sont intéressés à une famille originaire de Serbie soupçonnée de ce trafic d'enfants en France, en Allemagne et en Belgique. Selon l'«Est Républicain» qui a révélé l'affaire, les mineures étaient achetées à leur famille en Macédoine ou au Kosovo pour 1000 à 1500 euros et revendues 10'000 (environ 12'000 fr.). Pour l'instant les enquêteurs ignorent si les jeunes filles étaient destinées à mendier, à voler ou à se prostituer.

Des mandats de dépôt ont été requis contre plusieurs personnes appartenant à cette «organisation criminelle», selon l'expression de Grégory Weill. Les trois personnes interpellées en Belgique se sont vues signifier le mandat d'arrêt européen dont elles font l'objet et ont été placées sous écrou extraditionnel. (lgü/ap)

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