Pénurie de gaz russe: «Nous pourrions demander à la population de moins chauffer en hiver»

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Pénurie de gaz russe«Nous pourrions demander à la population de moins chauffer en hiver»

Le ministre Guy Parmelin a évoqué la situation du gaz en Suisse qui pourrait devenir critique avec la rupture des livraisons du gaz russe. La population pourrait être appelée à l’aide.

Pour Guy Parmelin, la situation est claire: la Suisse, comme d’autres pays, est totalement dépendante des importations de pétrole et de gaz

Pour Guy Parmelin, la situation est claire: la Suisse, comme d’autres pays, est totalement dépendante des importations de pétrole et de gaz

Moritz Hager

La guerre en Ukraine pourrait peser lourdement sur l’approvisionnement en gaz de la Suisse. En effet, depuis la semaine dernière, la Russie ne fournit plus de gaz à la Pologne et à la Bulgarie. Et si la rupture des livraisons est totale en Europe, il y aura également des conséquences dans notre pays, a prévenu le conseiller fédéral, Guy Parmelin, dans l’émission de la SRF Eco Talk. En effet, la Suisse ne dispose pas de stockage de gaz, mais juste des réserves obligatoires, a expliqué le ministre en charge de l’Économie.

Berne ne peut en outre pas intervenir, car ce sont des organisations privées qui achètent du gaz sur le marché et le distribuent aux entreprises et aux clients en Suisse, a rappelé Guy Parmelin, en précisant qu’il n’y avait pas encore de loi sur l’approvisionnement en gaz.

Moins chauffer en hiver

Du coup pour le Vaudois, la situation est claire: la Suisse, comme d’autres pays, est totalement dépendante des importations de pétrole et de gaz. «Nous voulons depuis longtemps minimiser cette dépendance. Par exemple, avec des sources d’énergie alternatives, comme l’énergie solaire, etc. Mais cela prend du temps.» Et Guy Parmelin va plus loin: «Nous pourrions demander à la population de se chauffer 1 ou 2 degrés de moins en hiver.» Car selon lui, un degré de moins suffirait déjà à réduire la consommation de gaz de 5 à 7%.

Il existerait aussi la possibilité d’un contingentement à organiser avec l’économie, suggère le ministre qui planche sur des solutions en cas de pénurie. Guy Parmelin précise travailler en étroite collaboration avec le Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication de Simonetta Sommaruga. Un groupe de travail a déjà été créé pour voir où il y aurait des possibilités d’amélioration. Parallèlement, le Conseil fédéral et le Parlement travaillent sur de nouvelles mesures de soutien, par exemple pour encourager les pompes à chaleur plutôt que les chauffages au mazout. Mais là aussi, cela prend du temps, a-t-il souligné.

Réduire notre dépendance

«Nous travaillons très dur pour organiser la situation. Mais nous ne sommes pas seuls, c’est un problème européen», a rappelé le Vaudois qui a indiqué que le grand argentier Ueli Maurer s’était en outre rendu au Qatar, au sujet de la question du pétrole et du gaz. «Il faut clarifier la manière dont notre dépendance peut être réduite le plus rapidement possible», a-t-il souligné.

Pour rappel, devant la hausse des prix du mazout, l’Association suisse de défense des locataires (Asloca) proposait déjà fin mars une campagne visant à faire baisser la consommation en énergie des Suisses. Elle avait publié une série de propositions pour lutter contre «la précarité énergétique». 

(cht)

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