Actualisé

Procès de Fabrice A. suspendu«Nous souhaitions que le procès se termine»

Les juges du Tribunal criminel ont demandé ce jeudi matin une troisième expertise de l'accusé. Les débats seront suspendus pour plusieurs mois.

par
Julien Culet
1 / 55
13.01.2017 Nouveau rebondissement dans le procès de Fabrice A. Le Tribunal chargé de le juger a été récusé, annonce vendredi «Le Temps».

13.01.2017 Nouveau rebondissement dans le procès de Fabrice A. Le Tribunal chargé de le juger a été récusé, annonce vendredi «Le Temps».

Keystone/AP
06.01.2017  Coup de Théâtre à Genève, le Tribunal criminel qui juge depuis lundi Fabrice A. a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique. Le procès sera suspendu à l'issue des audiences prévues jeudi, a indiqué la présidente du Tribunal. Un des experts français entendus mercredi n'a pas eu connaissance de tous les éléments de l'affaire.

06.01.2017 Coup de Théâtre à Genève, le Tribunal criminel qui juge depuis lundi Fabrice A. a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique. Le procès sera suspendu à l'issue des audiences prévues jeudi, a indiqué la présidente du Tribunal. Un des experts français entendus mercredi n'a pas eu connaissance de tous les éléments de l'affaire.

Keystone/Frederic Bott
Cette interruption de procès, qui doit encore être confirmée par les juges est «émotionnellement très difficile pour les proches». La famille (ici les parents d'Adeline) sera là quand le procès reprendra, a indiqué son avocat Simon Ntah.

Cette interruption de procès, qui doit encore être confirmée par les juges est «émotionnellement très difficile pour les proches». La famille (ici les parents d'Adeline) sera là quand le procès reprendra, a indiqué son avocat Simon Ntah.

Keystone/Frederic Bott

Rebondissement, ce jeudi, au procès du meurtrier de la sociothérapeute Adeline M. Les juges du Tribunal criminel ont annoncé en ouverture d'audience demander une troisième expertise psychiatrique de l'accusé Fabrice A. En conséquence, les débats seront suspendus à l'issue de la journée d'audition des témoins. La famille de la victime renonce à être entendue ce jeudi, car elle devra l'être quand le procès reprendra. Une reprise des débats qui ne pourra avoir lieu avant plusieurs mois.

«Il ressort des auditions que les experts n'ont pas intégré certains éléments factuels importants qui auraient pu avoir une influence sur leurs conclusions», a justifié la présidente du Tribunal. L'un des experts français interrogés mercredi a ainsi eu accès au dossier le jour même de son expertise de Fabrice A., le 3 juin 2015. Les juges ont connaissance de son compte-rendu depuis mai dernier. Ils se sont rendus compte que mercredi, lors de son audition, que le psychiatre ne maîtrisait pas l'affaire.

Personne n'est satisfait

Les juges n'ont pas consulté les parties pour prendre leur décision. Plaignants, défense et procureur général ont découvert la suspension du procès jeudi matin. Tous voulaient que le procès se termine le 14 octobre, comme prévu. «Je déplore le fait que les débats soient bloqués pendant des mois, réagit Me Simon Ntah, avocat de la famille d'Adeline. C'est terrible pour mes clients qui attendaient pour témoigner et qui s'étaient préparés pour un procès éprouvant.»

Le père de la victime regrette une suspension qui «rallonge le procès, qui arrivait à bout touchant. Là, le verdict n'arrivera pas cette année. Nous souhaitions que ce soit fini, car trois ans de procédure, c'est déjà très long. C'est une difficulté supplémentaire, mais nous ferons face». La mère d'Adeline dit «espérer que la troisième expertise sera positive pour l'internement à vie que nous souhaitons. Nous gardons confiance en la justice même si cela paraît un peut léger.»

La défense fait un incident

Le procureur général Olivier Jornot ne souhaitait pas non plus une nouvelle expertise. Il a indiqué «pouvoir vivre» avec celle des Français, «même si la méthode de travail n'est pas celle à laquelle nous sommes habitués en Suisse, où les psychiatres passent un long moment avec l'accusé et le rencontrent plusieurs fois». Le magistrat dit toutefois accepter un «regard neuf» sur le dossier, comme l'a demandé la Cour.

La défense a fait un incident pour demander aux juges de revenir sur la suspension du procès. Pour Me Yann Arnold, les conclusions de l'expertise française ne conviennent pas aux juges, qui veulent donc l'écarter. «La méthodologie utilisée par les psychiatres français est peut-être différente de celle que nous connaissons, mais elle n'en est pas moins valable et pertinente», estime l'avocat de Fabrice A.

Nouvelle expertise requise

Après s'être retirés une heure pour délibérer sur l'incident, les juges ont expliqué avoir écarté le rapport des psychiatres français. Or, pour se prononcer sur une mesure comme l'internement à vie, la Cour «a besoin de deux expertises indépendantes», a expliqué la présidente. De nouveaux psychiatres devront donc interroger Fabrice A. pour que le procès puisse reprendre.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!