Actualisé 15.07.2010 à 20:59

Ex-détenus cubains«Nous vivions avec les rats, les excréments»

Les prisonniers politiques cubains arrivés ces derniers jours en Espagne après une vague de libérations ont dressé jeudi un tableau effroyable de la vie dans les prisons de l'île communiste.

«Nous avons vécu parmi les rats, les blattes, les scorpions et les excréments», a déclaré Julio Cesar Alvarez. Ce journaliste de radio havanais de 65 ans purgeait, avant sa libération, une peine de 15 ans de prison pour avoir collaboré clandestinement avec des médias américains.

«Les conditions d'hygiène et de santé sont pires que mauvaises», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse avec cinq autres ex-détenus politiques, libérés dans le cadre du processus de libérations le plus important depuis que Raul Castro a pris la relève de son frère Fidel, il y a quatre ans.

L'humidité et les infiltrations d'eau dans les cellules où s'entassent 36 à 40 prisonniers, sont constantes, a rapporté Ricardo Gonzalez. Agé de 60 ans, il a été condamné à 20 ans de prisons pour avoir été le correspondant clandestin sur l'île de l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

«Nous devions improviser des gouttières avec du plastique pour que les eaux usées et les infiltrations ne tombent pas sur nous», a- t-il expliqué. «L'architecture des prisons est indescriptible, digne de Kafka».

Avec les droits communs

Les prisonniers politiques, que le régime castriste ne reconnaît pas, sont mélangés aux droits communs. Ils sont placés dans des prisons éloignées de leur famille pour rendre plus difficile les visites, selon M. Gonzalez.

Pour lui, le régime castriste a accepté le processus de libération de 52 détenus politiques afin de convaincre l'Union européenne de mettre fin à sa politique de «position commune». Celle- ci conditionne ses relations avec La Havane au respect des droits de l'Homme et aux progrès de la démocratie.

«C'est un écran de fumée, de belles images pour dire (...) que le maintien de la position commune n'est plus mérité», a-t-il déclaré.

Accueil à Madrid critiqué

Les conditions d'accueil en Espagne, dans un hôtel «économique» de la grande banlieue de Madrid, avec toilettes sur le palier et chambres bruyantes, ont suscité les critiques des dissidents.

«Je n'ai pas l'intimité dont j'aurais besoin pour être avec ma fille et ma femme que je n'ai pas vues depuis sept ans», a déclaré le journaliste clandestin Normando Hernandez, 40 ans qui purgeait une peine de 25 ans avant sa libération.

Mais après ces libérations, «nous avons la certitude que la victoire est possible (...) Nous allons continuer à défendre la liberté et les droits de l'Homme» depuis l'Espagne, a souligné M. Gonzalez.

(ats/afp)

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