Actualisé 22.06.2015 à 06:07

Genève«Nous voulons réunir les étudiants de tous bords»

Une seconde faîtière des étudiants vient d'être créée. A la syndicale CUAE fait désormais écho l'apolitique AFU.

de
Jérôme Faas
Myke Penseyres, vice président de l'AFU, étudie la gestion d'entreprises. Garance Félix, co-présidente, est en médecine. Bastien Martinez, co-président, se dédie à la physique. (photo: 20 minutes / jef)

Myke Penseyres, vice président de l'AFU, étudie la gestion d'entreprises. Garance Félix, co-présidente, est en médecine. Bastien Martinez, co-président, se dédie à la physique. (photo: 20 minutes / jef)

Emoi à l'Université. Pour la première fois depuis des décennies, l'Alma Mater compte deux associations estudiantines se revendiquant faîtières. L'historique CUAE, sorte de syndicat des étudiants, politisée et très et gauche; et depuis le 19 mai, l'AFU, dont le comité insiste sur le caractère apolitique. Mais alors que les premiers perçoivent l'émergence des nouveaux venus comme une menace, les seconds parlent complémentarité et cohabitation. Rencontre.

Erasmus à l'échelle genevoise

A l'origine de l'AFU, explique Myke Penseyres, étudiant en gestion d'entreprises, «nous ressentions un manque de synergie, de cohésion entre les étudiants. Il n'existait aucun cadre nous ressemblant pour nous rencontrer.» Les jeunes gens souhaitent des échanges entre les facultés, des passerelles entre les manières de voir le monde. Bref, ils rêvent d'une sorte d'Erasmus à l'échelle genevoise.

De ces rencontres, menées dans un cadre d'abord informel depuis un an, ils disent avoir tiré beaucoup. «L'association des étudiants en sciences (AESc) a organisé une soirée intitulée Blackhole, illustre Bastien Martinez, qui étudie la physique. L'AFU nous a permis de rencontrer des étudiants en médecine et des membres d'Uniparty, qui ont l'habitude de ce type d'organisation et ont pu nous aider. Nous avons aussi dû refondre les statuts de l'AESc. On a pu en parler avec des juristes.»

L'AFU se juge complémentaire à la CUAE

Alors que la CUAE redoute «une division des étudiants», nocive pour «la défense de leurs intérêts», les géniteurs de l'AFU imaginent un partage des tâches. «La CUAE est beaucoup plus syndicale, s'occupe effectivement de la défense des étudiants, de leurs problèmes de logement, et elle le fait très bien», estime Myke. «Nous, nous désirons nous occuper des associations, fonctionner comme une place du village», poursuit Garance Félix, inscrite à la faculté de médecine.

Faire se rencontrer le théologien et le physicien

«Nous réfutons le raccourci facile qui nous ferait passer pour une association de droite, insiste Bastien. Notre force, c'est que dans le cadre qu'on offre, un physicien et un théologien finissent par aller boire des verres ensemble. » Garance abonde. « Avec mes études, j'ai appris la manière de penser des médecins. Je trouve donc intéressant de rencontrer des gens qui font du droit, par exemple, et qui pensent différemment.»

«Le dialogue, pas la contestation»

Pour l'heure, l'AFU n'a pas encore été formellement reconnue par le rectorat, ce que la CUAE ne manque d'ailleurs pas de souligner. «On va commencer les discussions, indique Bastien. Il y a toute une procédure administrative pour aboutir à cette reconnaissance. En tous les cas, nous voulons être dans le dialogue, pas dans la contestation.» Et l'essentiel est ailleurs, défend Myke. «L'esprit faîtier, il existe en lui-même et on l'a. Il n'est pas tributaire d'une reconnaissance administrative. Le bla-bla technique, on s'en fiche. Le plus important, c'est la mentalité: avoir l'envie de réunir des gens de tous les bords, qu'ils soient marxistes ou estampillés HEC.»

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