Nouveau bras de fer entre Unia et Migros

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Nouveau bras de fer entre Unia et Migros

L'augmentation du temps hebdomadaire de travail d'une partie du personnel de Migros fait jaser le syndicat.

Unia accuse le grand distributeur de «donner le tempo» d'une dégradation des conditions de travail dans le commerce de détail avec son projet de passer de 41h à 43h de travail hebdomadaire dès juillet prochain. Sommé de faire marche arrière, Migros se défend.

Cette augmentation du temps de travail représente un changement de cap radical pour Migros, qui «se glorifie d'être un employeur social» et pouvait jusqu'à présent se targuer, avec Coop, de montrer le bon exemple dans le commerce de détail, a déclaré vendredi devant la presse Andreas Rieger, co-président d'Unia. Cela signifie en effet deux semaines de travail supplémentaires par an pour les quelque 8.000 employés des branches de la logistique, de la gastronomie, de la préparation de la viande et des loisirs, selon le syndicat.

Migros justifie cette dégradation «massive» des conditions d'embauche par la nécessité de lutter à armes égales avec la concurrence. «Soit elle dispose de bases erronées, soit elle ment sciemment», dénonce Robert Schwarzer, responsable du commerce de détail à Unia. Selon lui, seul le secteur de la viande connaît de fait 43 heures hebdomadaires, dans la CCT nationale et chez Bell.

«La concurrence des harddiscounters ne justifie pas de renier ses propres exigences», d'autant plus que Migros a connu une hausse sensible de ses bénéfices, rappelle encore Unia. La productivité du personnel a augmenté, mais le salaire minimum de 3.300 francs par mois n'a plus été relevé depuis trois ans et les effectifs ont été compressés.

Unia invite Migros à retirer son projet et à s'engager plutôt en faveur d'une CCT avec des conditions minimales de travail contraignantes pour toute la branche.

Salaires augmentés

Migros rejette les critiques du syndicat. Les employés concernés - moins de 10% du personnel - bénéficieront d'une hausse de salaire jusqu'à 6% en l'espace d'une année, souligne dans un communiqué l'entreprise, qui dit ne redouter aucune comparaison en matière de politique salariale.

Unia a croisé plusieurs fois le fer avec Migros ces dernières années. En avril dernier, le syndicat a obtenu une victoire partielle devant le Tribunal fédéral administratif, qui a considéré comme abusives les dérogations accordées à Micarna pour un travail de nuit sans alternance et le dimanche. Migros a fait recours devant le Tribunal fédéral. (ap)

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