Lausanne: Nouveau couac face à un violeur récidiviste
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LausanneNouveau couac face à un violeur récidiviste

Le procès d'un pervers a eu lieu mardi, quatre ans après les faits. Le président du tribunal a critiqué la lenteur de l'enquête.

par
Joël Espi

Violeur récidiviste, il s'est présenté libre au tribunal, mardi. Face à cet Algérien de 43 ans, jugé pour l'agression sexuelle d'une jeune fille en 2009, le président Pierre Bruttin n'a pas caché sa colère. Il y a quatre ans, lorsque l'adolescente avait croisé sa route, le prévenu avait déjà violé son ex-épouse et agressé une femme qui avait refusé ses avances.

C'est entre deux passages en prison qu'il avait fait une nouvelle victime. Alors que le spectre de l'affaire Marie planait sur les débats, Pierre Bruttin a fustigé les lenteurs de la procédure. «Il y a des soucis de priorités dans ce parquet», a-t-il lancé à l'adresse du ministère public.

Durant les quatre ans qu'a duré la procédure, le violeur a eu le temps de ressortir de prison et de se remarier. Cette lenteur lui a même profité mardi, puisqu'il a écopé d'une condamnation «à la limite de la clémence», selon les termes du président: 3 ans et demi ferme pour viol. La longueur démesurée d'une enquête est en effet considérée comme une circonstance atténuante. «Sans les éléments à dé­charge, une peine de cinq ans aurait été envisagée», a encore indiqué Pierre Bruttin.

Dernier motif d'agacement pour le président: le violeur n'a jamais quitté la Suisse alors qu'il faisait l'objet d'une procédure de renvoi. La loi ne permet pas d'expédier de force un Algérien dans son pays. «Il a tout fait pour rester en Suisse, a déploré le magistrat. A sa sortie, il fera ce qu'il veut», a-t-il ajouté après l'audience.

Rapt de Payerne: magistrats accusés

«Merci de permettre aux violeurs de continuer de violer ou tuer.» Ce message, qui fait référence au meurtre de Marie, a été collé sur les portes du Tribunal des mesures de contrainte et d’application des peines, hier à Renens (VD). Rapidement retirées, ces affichettes accusatrices ont créé un certain malaise au sein de l’administration vaudoise. «Le Tribunal cantonal n’entend pas réagir à de tels actes», nous a-t-il simplement fait savoir, mardi.

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