Nigeria: Nouveau massacre de Boko Haram dans un village
Actualisé

NigeriaNouveau massacre de Boko Haram dans un village

Au moins 150 personnes ont été tuées dans une attaque attribuée au groupe islamiste, mardi, dans le nord-est du Nigeria. La plupart des victimes se sont noyées dans une rivière en tentant de fuir.

1 / 73
24.12 Les troupes nigérianes « ont finalement pénétré et écrasé ce qu'il restait des insurgés de Boko Haram au Camp Zéro , situé au coeur de la forêt de Sambis», a affirmé samedi le président nigérian Muhammadu Buhari.

24.12 Les troupes nigérianes « ont finalement pénétré et écrasé ce qu'il restait des insurgés de Boko Haram au Camp Zéro , situé au coeur de la forêt de Sambis», a affirmé samedi le président nigérian Muhammadu Buhari.

Keystone
13.10 Un officiel nigérian a annoncé à la BBC la libération de 21 des lycéennes enlevées par Boko Haram en avril 2014 à Chibok, dans le nord du Nigeria.

13.10 Un officiel nigérian a annoncé à la BBC la libération de 21 des lycéennes enlevées par Boko Haram en avril 2014 à Chibok, dans le nord du Nigeria.

14.04 Le groupe islamique Boko Haram a envoyé une «preuve de vie» deux ans après l'enlèvement à Chibok (nord-est du Nigeria) de 276 lycéennes, un événement qui sera commémoré jeudi par des prières et des manifestations à travers tout le pays.

14.04 Le groupe islamique Boko Haram a envoyé une «preuve de vie» deux ans après l'enlèvement à Chibok (nord-est du Nigeria) de 276 lycéennes, un événement qui sera commémoré jeudi par des prières et des manifestations à travers tout le pays.

Keystone

Des dizaines de membres de Boko Haram, arrivés sur des motos et dans une voiture ont attaqué jeudi Kukuwa-Gari, un village reculé de l'Etat de Yobe, provoquant la panique parmi ses habitants.

Les assaillants «ont immédiatement ouvert le feu, ce qui a poussé les habitants à la fuite. Ils ont abattu plusieurs personnes. Malheureusement, beaucoup d'habitants qui tentaient de s'échapper ont sauté dans la rivière, qui est haute à cause des pluies. Beaucoup se sont noyés», a déclaré à l'AFP un villageois, Modu Balumi.

Empêché de secourir les villageois

«Selon notre dernier bilan, nous avons 150 personnes qui ont été abattues ou qui se sont noyées durant cette attaque. Les hommes armés ont délibérément tiré sur un pêcheur qui tentait de secourir les villageois qui étaient en train de se noyer», a-t-il dit.

Il a ajouté que les corps de nombreuses victimes avaient été retrouvés par des habitants à plusieurs kilomètres du village.

«La plupart des habitants, majoritairement des femmes et des enfants, ont couru vers la rivière dans la panique. Ils ont été pourchassés par des hommes armés qui continuaient de tirer dans leur direction. Dans une tentative désespérée de leur échapper, ils ont sauté dans la rivière qui débordait», a de son côté raconté un autre habitant, Bukar Tijjani.

Débit dangereux

Un responsable du gouvernement local a confirmé cette attaque, en faisant état de son côté d'un bilan d'environ 50 morts. L'embuscade est survenue pendant la haute saison des pluies dans cette région. La majorité des cours d'eau du Nigeria sont alors en crue et peuvent atteindre un débit dangereux.

La nouvelle de cette attaque a été retardée à cause de la destruction par Boko Haram des réseaux téléphoniques dans les environs du village, situé à environ 50 kilomètres de Damaturu, capitale de l'Etat, depuis le début de leur insurrection en 2009.

Le village était encore sous le choc d'un autre raid mené par des membres présumés de Boko Haram, le 31 juillet, quand au moins dix personnes ont été tuées par des hommes armés qui ont incendié des maisons, des stocks de nourrriture et du bétail.

Nombreuses attaques

Le district de Gujba, où se trouve le village de Kukuwa-Gari, a été la cible de nombreuses attaques islamistes par le passé. Boko Haram s'en est même emparé pendant plusieurs mois, mais aucune violence n'y avait été signalée depuis que l'armée avait repris le contrôle de la zone en mars.

En septembre 2013, de nombreux étudiants avaient été massacrés dans leur sommeil à l'université agricole qui se trouve dans les environs. En février 2014, plusieurs dizaines d'étudiants avaient aussi été exécutés dans leur dortoir à Buni Yadi, le chef-lieu du district. Boko Haram, qui a prêté allégeance à l'Etat islamique (EI), avait revendiqué ces deux attaques.

L'insurrection de Boko Haram et sa répression par l'armée ont fait plus de 15'000 morts au Nigeria depuis 2009, essentiellement dans le Nord majoritairement musulman.

Fermeté affichée de Buhari

Depuis son investiture le 29 mai, le président Muhammadu Buhari a érigé la lutte contre les islamistes en priorité. La semaine dernière, il a donné trois mois à ses forces armées pour en finir avec les insurgés.

Mais depuis son arrivée au pouvoir, une nouvelle vague de violences a frappé le nord-est du Nigeria, faisant plus d'un millier de morts dans le pays, selon un calcul de l'AFP. Les embuscades mortelles et les attentats-suicides se sont également étendus au Cameroun et au Tchad voisins.

Une Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), à laquelle doivent participer le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, a été mise en place pour combattre Boko Haram. Elle doit compter 8700 hommes et devrait être déployée de façon imminente. (afp)

Ton opinion