Genève: Nouveau palais en retard, «l'absurdité» continue
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GenèveNouveau palais en retard, «l'absurdité» continue

Le pouvoir judiciaire devra attendre avant d'avoir des locaux neufs. Une situation qui irrite le procureur général.

par
Julien Culet
Le palais actuel est en Vieille-Ville, le Parquet est à Onex.

Le palais actuel est en Vieille-Ville, le Parquet est à Onex.

La construction d'un nouveau palais de justice à Genève est repoussé aux calendes grecques. Le projet dévoilé en 2012 repart de zéro, a annoncé hier Olivier Jornot lors de la conférence de presse annuelle du pouvoir judiciaire. Il aurait vu le jour derrière le nouvel hôtel de police de la Gravière. Principal accroc, la somme allouée par l'Etat est insuffisante pour regrouper toutes les instances au sein d'un bâtiment. «Une enveloppe de 250 millions est prévue, ce qui représente deux tiers du coût du nouveau dépôt TPG», ironise le procureur général.

Des choix devront donc être faits. Il est notamment question de réunir dans le futur palais les juridictions ayant le plus recours à des transferts de détenus. Seraient concernés le Ministère public, ainsi que la justice pénale, administrative et des mineurs, excluant ainsi la justice civile et les chambres d'appel. Les déplacements actuels sont pointés du doigt par Olivier Jornot. «Nous sommes face à une absurdité pénale. Nous avons toute la journée des détenus qui circulent entre Champ-Dollon, le Ministère public et le tribunal.» Ces trajets coûtent actuellement 10 millions par année.

Par ailleurs, pour des raisons de sécurité, 28 prisonniers au maximum peuvent être amenés depuis la prison chaque jour. «C'est toujours frustrant de devoir renoncer à entendre un détenu pour cette raison. Cela freine l'activité de la justice», regrette le procureur général.

Les absences ne cessent d'augmenter

«Le taux d'absentéisme des collaborateurs du pouvoir judiciaire reste préoccupant», regrette Olivier Jornot. Il s'élève à 6,9% contre 6,4% en 2012. Les bouleversements dans la justice ces dernières années en seraient la principale raison. Le renforcement des juridictions sous-dotées pour alléger la pression fait notamment partie des mesures prises, en vain. «Une fois que vous avez fracassé les personnes, c'est toujours plus difficile de les récupérer et de faire baisser le chiffre», a reconnu l'édile.

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