Nouveau plan d'aide pour les joueurs pathologiques

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Nouveau plan d'aide pour les joueurs pathologiques

Les cantons romands ont décidé d'unir leurs efforts en adoptant un programme intercantonal pour aborder un problème méconnu dont les conséquences sont dramatiques.

En Suisse le nombre de joueurs pathologique est estimé à une cinquantaine de milliers, a déclaré mardi à Sion Jean-Félix Savary, secrétaire du Groupement romand d'études des addictions (GREA). Très peu de ces joueurs consultent pour se faire aider.

Améliorer la prise en charge

Le programme mis en place propose un numéro d'appel gratuit avec une permanence téléphonique pour la prise en charge de joueurs excessifs. Un site Internet est aussi à disposition. L'addiction au jeu se soigne très bien, a précisé M. Savary.

La détection précoce des joueurs pathologiques est un autre volet de ce programme de lutte. L'information aux professionnels des réseaux socio-sanitaires sera intensifiée. Ces institutions sont souvent amenées sans le savoir à prendre en charge des joueurs pathologiques.

Chiffres marquants

Un volet recherche est intégré au programme. Peu d'études existent actuellement sur le jeu. Il en faut davantage pour mieux connaître le problème. Ces études permettent d'évaluer entre 50 000 et 100 000 le nombre de joueurs pathologiques et entre 100 000 et 180 000 le nombre de joueurs à risque en Suisse.

Les études montrent que 56 % de la population de plus de 18 ans jouent régulièrement à des loteries nationales, que 43% sont entrés une fois au moins dans un casino. La Suisse compterait 1,2 million de joueurs réguliers s'adonnant essentiellement à des loteries.

Dans un peu plus du tiers des cas la dépendance au jeu va de pair avec une dépendance à l'alcool. Le joueur pathologique moyen est un homme salarié, célibataire, âgé de 33 ans et ayant joué pour la première fois entre 19 et 25 ans. Seul 1,3% des joueurs excessifs ont demandé de l'aide.

Payé par les jeux

Le programme est financé par un impôt de 0,5% pris sur le produit brut des jeux (PBJ), soit les montant perdus par les joueurs. En Suisse romande le PBJ a été multiplié par six au cours des dix dernières années et dépasse actuellement les 600 millions de francs annuels.

Les cantons organisent chacun leurs propres actions pour faire connaître ce programme au public. Le Valais ouvre les feux en sa qualité de premier canton à s'être engagé dans cette problématique. En 2000 déjà un concept social avait été mis en place avec le défunt casino de Saxon.

En Valais le gouvernement a mandaté la Ligue valaisanne contre les toxicomaines pour développer ce programme de lutte. L'organisation Caritas a été mandatée pour la prise en charge de personnes en difficultés financières suite à un problème de jeu excessif. (ats)

Une aide est donnée par le numéro gratuit 0800 801 381, l'anonymat est garanti. Le programme intercantonal propose un site Internet: sos jeu.

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