Actualisé

Obama en EuropeNouveau style pour redresser l'image américaine

La tournée de huit jours en Europe de Barack Obama en a été la démonstration.

Certes, l'administration Obama continuera d'agir au mieux des intérêts américains. Et il faudra du temps pour que les deux engagements pris lors de cette visite, soit le partenariat avec le monde musulman et la réduction de l'arsenal nucléaire, se concrétisent. «On sème, on cultive, on moissonne, cela prend plus d'une semaine», estime David Axelrod, le principal conseiller politique du président.

Personnalité

Mais la personnalité de M. Obama et son habilité politique resteront une constante de la diplomatie américaine. Ils ont donné toute leur mesure lors de cette tournée exténuante en forme de campagne électorale.

M. Obama a expliqué notamment que la foi musulmane de son père et le fait qu'il ait passé une partie de son adolescence en Indonésie ont fait de lui un président différent. «Les Américains de confession musulmane ont beaucoup apporté aux Etats-Unis», a déclaré M. Obama en Turquie.

Musulmans

«Beaucoup d'autres Américains ont des musulmans dans leur famille ou ont vécu dans des pays à majorité musulmane. Je le sais parce que je suis un des leurs», a-t-il ajouté.

Voulant tirer un trait sur l'héritage de George W. Bush, M. Obama s'est en outre excusé pour l'»arrogance» américaine à l'égard de ses alliés européens. Au cours de trois sommets et 14 réunions bilatérales, dans cinq pays, M. Obama a dit qu'il venait «écouter et apprendre».

L'Obama-mania, ce faisant, s'est répandue au Royaume Uni, en France, en Allemagne et en République tchèque. Les médias de ces pays ne tarissent pas d'éloge sur le charisme du président et le charme de son épouse Michelle.

Nucléaire

Sur un terrain plus politique, M. Obama, dans un discours important à Prague, s'est engagé à oeuvrer pour un monde sans armements nucléaires. Il a appelé le monde à s'unir pour empêcher que le terrorisme tue des centaines de milliers de personnes à «New York, Moscou, Islamabad, Bombay, Tokyo ou Tel Aviv, Paris ou Prague». Il s'agissait de convaincre ses partenaires que le terrorisme les menace autant que les Américains.

Mais la question est de savoir si ces succès iront au-delà de l'effet d'annonce. Les partisans d'Obama mettent en avant les progrès réalisés au G-20, qui a débloqué de nouveaux fonds pour la relance et décidé de mesures contre les paradis fiscaux. Ils affirment aussi que M. Obama est satisfait des 5000 hommes supplémentaires qu'il a obtenu de ses alliés pour l'Afghanistan.

Détracteurs

Mais ses détracteurs répliquent que ces renforts ne sont que pour le court terme et que sur le plan économique, on est loin des objectifs initialement affichés.

Le charisme de M. Obama s'est en outre déjà avéré impuissant en plusieurs occasions, notamment dans la crise actuelle avec la Corée du Nord. «Pourquoi tous les maux de la Terre n'ont-ils pas disparu depuis que le président Obama est arrivé en Europe?», a ironisé M. Axelrod, avant de lancer: «Cela va prendre quelques semaines».

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!