Jura: Nouveau succès pour le Marché-Concours
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JuraNouveau succès pour le Marché-Concours

Quelque 52'000 personnes ont assisté ce week-end sous le soleil au Marché-Concours national de chevaux à Saignelégier (JU).

Cette grande manifestation populaire a également servi de tribune politique pour évoquer la votation du 24 novembre sur la Question jurassienne et la menace qui pèse sur le cheval de la race des Franches-Montagnes.

Le point fort de cette 110e édition a été comme chaque année le grand cortège, les courses campagnardes et la parade des quelque 400 chevaux. Les deux cantons invités d'honneur, Glaris et les Grisons, avaient choisi le slogan «Hautes montagnes et Franches-Montagnes: rendez-vous au sommet» pour se présenter au public de la plus grande fête helvétique du cheval. L'année prochaine, c'est Bâle-Ville qui sera l'hôte d'honneur.

Plus de 35'000 personnes ont assisté dimanche au Marché-Concours, 12'000 samedi et 5000 vendredi. La délégation des deux cantons comptait près de 500 personnes ainsi qu'une trentaine de chevaux. Cette fête du cheval se veut à la fois folklorique, commerciale, festive et sportive.

Invité du Marché-Concours, le président de la Confédération Ueli Maurer était très à l'aise parmi les éleveurs et a visiblement apprécié les prestations folkloriques. Ce fils de paysan a été sollicité plus d'une fois par des visiteurs pour figurer sur des photos. Aucun incident n'aura terni la venue du conseiller fédéral UDC dans le canton du Jura.

Eloge du Franches-MontagnesDans son discours lors du banquet officiel, Ueli Maurer a appelé les éleveurs et les politiciens à s'engager pour assurer l'avenir du cheval des Franches-Montagnes. «Vous le ressentez chaque jour, la race des Franches-Montagnes est en danger». Alors que le nombre de bêtes a beaucoup progressé en Suisse durant ces dernières années, jusqu'à dépasser le chiffre de 100'000, la race des Franches-Montagnes a atteint un seuil critique pour son renouvellement, a relevé Ueli Maurer.

Il a assuré que le Conseil fédéral allait formuler de nouvelles propositions pour soutenir l'élevage de cette race indigène. Mais il a laissé entendre que le Conseil fédéral ne mettrait pas davantage d'argent à disposition. A un peu plus d'un mois de la votation sur l'obligation de servir, le président de la Confédération a rappelé la longue tradition de l'armée avec les chevaux. Le Franches-Montagnes est la seule race utilisée par les troupes du train. L'armée est, avec 25 à 30 sujets, le plus gros acheteur chaque année de cette race. Ueli Maurer a confié qu'enfant il travaillait avec un cheval de la race des Franches-Montagnes. «C'était presque un ami», a-t-il ajouté.

Question jurassienne

Dans son discours, Ueli Maurer n'a pas évoqué la votation sur la Question jurassienne du 24 novembre. Mais il n'a pas dérogé à la tradition et s'est levé et a donné sa main à son voisin de table quand la fanfare a joué «La Rauracienne», le chant de lutte des Jurassiens.

Interrogé par des journalistes sur l'absence de ce sujet dans son allocution, Ueli Maurer a expliqué qu'il n'avait pas de position sur cette question. «A Berne, cela n'intéresse pas beaucoup», a-t-il ensuite confié en évoquant dans la foulée la souveraineté des cantons. Mais le conseiller fédéral UDC soutient le principe d'organiser une votation populaire.

Moins de retenue du côté du Gouvernement jurassien, qui a profité de cette tribune pour appeler la population du Jura et du Jura bernois à voter oui le 24 novembre. Son président Michel Probst a rappelé que ce projet pouvant mener à un nouveau canton offrait une chance de régler de manière démocratique une question sensible.

Le ministre a voulu rassurer les indécis en soulignant qu'en cas de double oui le 24 novembre les citoyens auront encore l'occasion de se prononcer plusieurs fois par la suite sur ce projet, un message qui s'adresse en particulier au Jura bernois. «Il est donc faux d'affirmer que l'on ne peut pas voter oui pour voir». Il est de tradition que le Marché-Concours de chevaux de Saignelégier marque la rentrée politique dans le Jura.

Pas une annexion

Michel Probst a relevé que seul un résultat positif permettra à la population de comparer les avantages et les inconvénients d'un nouveau canton par rapport à la situation actuelle. Le ministre a rappelé qu'il n'y avait dans cette votation aucune logique d'annexion. «C'est un projet d'ouverture et de partage, un projet qui parle à notre coeur car l'unité de la région jurassienne demeure un idéal pour beaucoup», a-t-il souligné.

Le président du Gouvernement jurassien attend du Conseil fédéral qu'il joue son rôle de médiateur dans ce dossier. Le 24 novembre, les citoyens du Jura et du Jura bernois diront, dans deux votations distinctes, s'ils donnent mandat à leurs gouvernements de poursuivre le processus qui pourrait, conduire à un nouveau canton. Seul un double oui permettra de poursuivre le projet, sinon l'idée d'une nouvelle entité cantonale est abandonnée. (ats)

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