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FranceNouveau suicide chez France Télécom

Un salarié de France Télécom de 51 ans s'est suicidé lundi matin en Haute-Savoie en sautant du haut d'un viaduc surplombant l'autoroute A41, a-t-on appris auprès de la préfecture du département.

Une lettre d'adieu dénonçant «l'ambiance au sein de son entreprise» a été retrouvée dans sa voiture.

Ce père de deux enfants, marié, qui travaillait au sein d'une centrale d'appel à Annecy s'est suicidé sur l'A41, au niveau d'Alby-sur-Chéran, sans provoquer d'accident, selon la préfecture de Haute-Savoie. La lettre était destinée à son épouse.

Ce nouveau suicide intervient alors que selon les syndicats de France Télécom, 23 salariés se sont déjà donnés la mort depuis février 2008.

«Cette personne, il y a deux à trois mois, était impactée par une réorganisation. Ce sont les conséquences directes de ce qu'on appelle chez nous les mobilités forcées», a déclaré lundi à l'Associated Press le porte-parole de la CGC-UNSA du groupe France Télécom, Sébastien Crozier. «Ce qui est frappant dans cette affaire, c'est encore la présence de l'entreprise comme une question clé dans le geste du salarié qui a mis fin à ses jours», a-t-il déploré.

«Notre camarade, âgé de 51 ans, confronté à une nouvelle restructuration, a laissé une lettre qui incrimine l'entreprise. Ce nouveau drame confirme la gravité de la situation au sein du groupe», estime de son côté la CGT dans un communiqué.

Il y a deux semaines, cette série de suicides chez France Télécom avait conduit le ministre du Travail Xavier Darcos à organiser une réunion avec le président du groupe Denis Lombard.

Lors de cette rencontre, le 15 septembre, M. Lombard avait confirmé la suspension des mesures de mobilité jusqu'au 31 octobre, ainsi que l'ouverture de négociations en vue d'un accord sur le stress, la création de 100 postes de directeurs des ressources humaines, des discussions avec les syndicats sur les projets de réorganisation et une hausse de 10% du nombre de médecins du travail dans l'entreprise.

De son côté, Xavier Darcos avait annoncé que le Directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, assisterait aux prochaines réunions du Comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) afin de faire un compte-rendu «mensuellement de l'avancée des discussions et des négociations sur ce sujet».

«Je l'avais dit après cette réunion et ma position reste la même: ce sont des mesures nécessaires mais pas suffisantes», a déclaré lundi Sébastien Crozier. Il a notamment rappelé que les syndicats réclament depuis plusieurs mois «l'arrêt des mobilités forcées et des restructurations brutales».

«L'entreprise n'a toujours pas donné aux salariés de France Télécom une perspective. Ce n'est pas en négociant avec les syndicats qu'on va répondre à la question 'quel avenir pour les salariés de France Télécom'», a-t-il ajouté.

Pour lui, «Tant qu'on ne redonnera pas une perspective aux gens, on n'arrêtera pas la spirale».

Pour la CGT, ce drame «renforce l'urgence de prendre les mesures qui s'imposent dans l'immédiat. Il faut stopper les restructurations et abandonner la référence au 31 octobre. La direction doit prendre l'engagement qu'il n'y ait plus aucune mobilité forcée»

Dans un communiqué diffusé lundi, l'organisation syndicale réclame également la fin des «évaluations individuelles» et de «toutes les procédures visant à surveiller le personnel». «Il est inacceptable de mourir au travail, de mourir pour le travail», martèle la confédération pour laquelle «il est urgent de ré-humaniser l'entreprise». (ap)

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