Actualisé 04.04.2008 à 17:51

Nouveaux rebondissements à la RSR

Une informaticienne a démissionné en février, après s'être aperçue de pratiques douteuses en son absence dans son département. Et le chef informatique s'exprime pour la première fois.

La nouvelle fait l'effet d'une bombe. Elle a été lâchée par un journaliste de RSR La Première au journal de 12h30 ce vendredi 4 avril. La direction de la RSR a tu qu'une informaticienne a démissionné de son poste au début du mois de février, soit avant que le scandale des fichiers pédophiles, téléchargés entre 2000 et 2005 par l'adjoint de Isabelle Binggeli, (directrice des programmes).

Les raisons de ce départ ? Elle s'est rendue compte qu'en son absence du travail, quelqu'un était entré dans une session informatique avec son nom et son mot de passe. Il en a été de même avec Jorge Resende, l'informaticien qui a dénoncé à ses supérieurs le scandale des images pédophiles, en son absence du bureau également.

De plus, cette employée de la RSR s'est aussi aperçue que des sauvegardes informatiques ont mystérieusement disparu. Elles contenaient l'intégralité d'un des serveurs de la radio romande pour 2005. Soit l'année où le téléchargement des fichiers pédophiles a été découvert par Jorge Resende et communiqué à ses supérieurs hiérarchiques. Le juge d'instruction lausannois Philippe Vautier, en charge de l'affaire, n'a dit avoir eu en sa possession que quelques centaines de fichiers à analyser, alors que Jorge Resende a déclaré en avoir trouvé des milliers, ainsi que des vidéos douteuses. Où sont passés ces documents peut-être compromettants, et qui les a effacés du serveur de la RSR ? Sur ordre de qui ?

« 20minutes » a tenté d'obtenir des explications du chef informatique de la RSR, Damien Corti. Il dit ne pas vouloir fuir ses responsabilités. Il précise d'emblée que son service informatique n'est pas un service d'espionnage, mais est au service des programmes de la radio. « Nous avons certes accès à tous les serveurs, mais nous travaillons dans le devoir de la confidentialité. » Comment réagit-il aux accusations de son ex-collaboratrice qui a démissionné en février dernier ? « Je ne démens pas ses propos. Mais je ne suis ni juge, ni policier. » Et s'il recevait un ordre de sa direction d'effacer des fichiers gênants, s'exécuterait-il ? « Je refuse de répondre à cette question. Ce que je sais, c'est que j'agirais selon ce que ma conscience me dicte. »

Quant à la direction de la Radio romande, elle a fait parvenir aux rédactions, vendredi après-midi, un communiqué de presse. En réaction aux révélations faites au journal de 12h30 de La Première, elle se contente de confirmer avoir déposé auprès du juge cantonal Treccani une plainte contre inconnu le 19 mars dernier. Soit le jour où le juge d'instruction Vautier dévoilait que certaines images téléchargées par un cadre de la RSR étaient bel et bien pédophiles. Ce que la direction de la RSR avait nié. Dans son communiqué, la RSR dit vouloir « faire la lumière sur la transmission de documents internes à des tiers, et sur l'accès non autorisé à la messagerie RSR et son utilisation, ainsi que la disparition de sauvegardes informatiques. » Il nous a été impossible de joindre les juges Treccani et Vautier vendredi après-midi.

Frédéric Nejad

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