Nouvel album de Jacques Villeneuve
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Nouvel album de Jacques Villeneuve

«Private Paradise», le nouvel album du vaudois d'adoption, sera présenté le 19 février à Montréal. Un single de ce disque de rock acoustique est déjà sorti au Canada.

Ce disque rock acoustique, dont le premier extrait est sorti l'année dernière au Canada à l'occasion du Grand Prix de Montréal, comporte 13 titres – neuf en anglais et quatre en français. L'album présente six titres écrits par Jacques lui-même, six autres titres écrits par des amis, ainsi qu'une reprise.

Jacques interprète toutes les chansons de l'album avec la participation exceptionnelle de ses soeurs Mélanie et Jessica, ainsi que des chanteurs canadiens Eli et Émilie Vay. Jacques s'occupe actuellement de la distribution de l'album ; la sortie sera internationale, et nous en connaîtrons les détails le jour du lancement.

Questions et réponses avec Jacques Villeneuve

Jacques, dites-nous un peu d'où vient cet album…

Jacques Villeneuve (JV): Et bien, de l'amour de la musique pour commencer et l'on ne peut se lancer dans la musique ou faire un album sans aimer la musique. Certains le font, mais cela se remarque toujours au final. J'ai acheté une guitare en 1996 lorsque j'ai commencé de courir en Formule Un, et j'ai commencé à écrire quelques chansons. J'ai finalement décidé l'an dernier de louer un studio et d'enregistrer ces chansons dans les règles de l'art, et de manière professionnelle – j'avais envie de voir comment cela sonnerait ; bien sur, l'objectif a ensuite été de les produire. Savoir que l'album sera produit en fin de compte est la seule manière de bien faire les choses et d'impliquer les personnes compétentes.

Ce n'est pas seulement une envie passagère – vous achetez des milliers de CD et vous connaissez bien votre musique. Expliquez un peu cela et parlez-nous aussi de ce challenge qui serait de devenir aussi bon en musique que vous l'êtes dans le sport automobile…

JV: Je suis simplement passionné de musique, c'est devenu un peu comme une drogue. J'achète des tonnes de CD – certains d'entre eux ne sont d'ailleurs pas très bons, et je passe des journées à les écouter tous ; j'attribue des notes à chaque chanson pour savoir quelles sont les bonnes et les mauvaises ; ainsi, je sais d'emblée quelles chansons je dois ajouter à ma petite collection de MP3, et ainsi de suite. Cela rend mon épouse folle, mais vous savez que cela est plus économique que d'acheter des montres ou autres produits du même type ! Ce n'est pas une envie passagère, on aime la musique ou pas ; mais si l'on aime la musique, on ne peut s'en défaire.

J'ai fait carrière dans la course automobile, et je n'envisage pas la musique comme une carrière ; une carrière apporte tout un cortège d'obligations et de choses dont on n'a pas réellement envie. On se doit d'être politiquement correct, on doit se mettre en quatre pour contenter les uns et les autres, et se soumettre à certaines contraintes. Alors, mon projet est plutôt d'envisager la musique comme un passe-temps professionnel ! Si je peux rembourser ce que j'ai investi dans l'enregistrement de l'album, et l'achat du matériel du studio, alors ce sera bien suffisant. Il est évident que plus il y aura de ventes, plus je serai heureux. Plus on investit son âme, son temps et ses efforts dans un projet, plus on espère que ce soit une réussite.

Comment s'est passée la sortie du premier single et comment les choses vont-elles à ce jour ?

JV: Nous avons sorti le premier single l'an dernier, à l'occasion du Grand Prix canadien. C'est une chanson canadienne française dont le titre est, « Accepterais-tu ? » - je ne suis pas l'auteur de cette chanson. Il s'agissait d'une édition restreinte ; nous l'avons mise en vente à Newtown, mon restaurant, et sur iTunes ; parce que j'avais parlé de la sortie de l'album, il nous fallait un opus à l'occasion du Grand Prix et j'espérais que cela permettrait d'accélérer le lancement de l'album. Il a reçu un très bon accueil, alors j'étais plutôt heureux. Tout s'est passé très vite. C'était assez surprenant de réaliser combien l'industrie de la musique est lente comparé au monde de la course automobile, et nous avons donc fait en sorte que tous travaillent plus rapidement qu'ils n'en avaient l'habitude ; c'était assez drôle et un peu stressant ! Durant l'hiver, j'étais tellement pris par les courses et l'arrivée de mon enfant que j'ai laissé ce projet d'album en attente pendant un moment. Il était achevé, mais j'avais besoin de suivre certaines choses comme la distribution, et les aspects moins ludiques ; nous avons alors décidé d'attendre que le bébé soit né pour reprendre les choses en main. Nous sortirons bientôt un autre single, mais la grande nouvelle est que l'album sera dans les bacs le 19 février.

Pouvez-vous nous donner quelques détails à propos de l'album ?

JV: L'album s'appelle « Private Paradise » et comporte 13 chansons ; quatre d'entre elles sont en français et les neuf autres en anglais. Il sort le 19 février à Montréal. Nous ferons le lancement dans mon restaurant, le Newtown. J'ai écrit six des chansons de l'album, et coécrit une autre avec ma soeur Mélanie. Cette chanson parle de notre père – elle avait commencé de l'écrire après son décès, au début des années 80 et je l'ai terminée plus tard. C'est un moment exceptionnel ; cette chanson est la seule de l'album qui soit personnelle. L'autre moitié de l'album est constituée de chansons écrites par des amis et des gens que j'apprécie et dont je pensais qu'ils se devaient d'y participer. En réalité, lorsque j'ai entendu les démos, je les ai cachées pour que personne ne puisse y toucher ! Il y a aussi une reprise. J'ai toujours eu envie de reprendre une chanson superbe que les gens n'ont pas beaucoup entendue et dont je pense qu'elle mérite de l'être davantage ; alors nous en avons choisi une facile pour commencer ! Il y a aussi une chanson canadienne française écrite par un autre artiste. Quelques duos aussi, l'un avec ma soeur Mélanie, et deux autres avec deux jeunes artistes canadiens français appelés Ely et Émilie Vay. J'ai aussi demandé à ma petite soeur Jessica âgée de 14 ans de chanter un peu sur l'une des chansons.

Nous avons vécu des moments extrêmement rares durant la création de l'album. Tout d'abord, au fil des années, je me suis lié d'amitié avec Steve Smith des Dirty Vegas, en partie à cause des 24 Heures de Villars, le grand prix de ski pour les œuvres de bienfaisance. Lorsque je suis entré en studio, il était si content que j'enregistre cet album qu'il a rapidement pris le train pour me rejoindre à Paris ; il nous a aidés pour les voix d'accompagnement, les instruments et de manière générale pour toutes les idées que nous avons pu avoir. Il a un talent énorme et nous a été d'un grand soutien. Il y autre chose encore, un moment très particulier lors de l'enregistrement : nous sommes allés en Angleterre et avons enregistré un morceau avec le choeur de l'église Tenebrae. Mon producteur Fred et moi étions assis dans l'église, et avions les larmes aux yeux – c'était sensationnel et véritablement émouvant.

Vous avez joué quelques morceaux de l'album lors des 24 Heures de Villars, est-ce que vous produire sur scène est un plaisir ou juste une partie du processus ?

JV: Je ne me suis pas lancé dans la musique pour chanter sur scène. J'aime véritablement écrire, puis travailler en studio et observer de quelle façon une chanson peut voir le jour ; les concerts viennent avec la musique. Mais je n'en fais pas beaucoup, principalement pour les oeuvres caritatives et le lancement de l'album et autres occasions du même type. Je ne suis pas un chanteur, je n'ai pas l'expérience, alors cela doit rester un plaisir, comme un concert improvisé. Je ne suis pas véritablement nerveux lorsque je monte sur scène, parce que j'ai le droit à l'erreur : je ne suis pas un chanteur !

Parlez-nous de votre vie depuis les six derniers mois; n'a-t-elle pas incroyablement changé ?

JV: La naissance de mon fils, Jules, prendre soin de lui et de mon épouse sont les seules choses qui aient compté ces derniers mois. Rien d'autre n'avait d'importance, et je n'avais pas le temps de faire quoi que ce soit d'autre. Tous m'avaient parlé de la façon dont un bébé occupe tout votre temps, et je ne le croyais pas ; tous m'avaient également dit combien cela était merveilleux, et en fait c'est encore plus merveilleux que je n'aurais jamais pu l'imaginer.

Quels sont les faits marquants et les difficultés de la paternité selon Jacques Villeneuve?

JV: C'est incroyable de constater tout l'amour qu'une petite chose peut vous apporter. Les choses les plus insignifiantes, comme le premier sourire ou la première fois qu'il lève la main pour accrocher votre doigt, c'est comme si plus rien d'autre n'existait au monde. Lorsque l'on n'a pas d'enfant, on voit les autres faire cela, et on se dit « bon, ça suffit maintenant » ; mais une fois que l'on y est, la vie change, ainsi que nos priorités. On ne vit plus que pour assurer un avenir à cet enfant, pour que tout soit parfait. La famille a toujours été importante à mes yeux et je voulais fonder la mienne ; alors ma priorité est désormais d'assurer le bien-être de mon épouse et de mon fils. Le mauvais côté de la chose, c'est le manque de sommeil ! Si l'on veut être présent et faire partie de la vie du bébé, on peut dire adieu aux nuits de dix heures – on est déjà très content lorsqu'on en a quatre ! On réalise vite que l'on peut récupérer sur de courtes périodes, et on s'endort très vite dès que l'on peut fermer les yeux cinq minutes !

Est-ce que vous fredonnez les chansons de l'album pour Jules?

JV: En fait, je suis plutôt embarrassé à l'idée de chanter comme ça devant mon épouse ; alors je ne le fais pas !

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