Suisse - UE: Nouvel appel à résilier les accords bilatéraux
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Suisse - UENouvel appel à résilier les accords bilatéraux

L'Action pour une suisse indépendante et neutre (ASIN) a appelé une nouvelle fois samedi la Suisse à résilier les accords bilatéraux I et II signés avec l'Union européenne.

Les traités signés avec l'UE ne répondent pas aux besoins du pays, selon l'Action pour une suisse indépendante et neutre (ASIN). Les résilier permettra de «dynamiser la politique européenne».

«Il est évident que la Suisse a quasiment adhéré à l'UE en adoptant le traité de Schengen et la libre circulation des personnes», a martelé le président de l'ASIN Pirmin Schwander. Le conseiller national UDC schwyzois s'exprimait devant les 600 personnes réunies samedi à Berne pour la 28e assemblée générale de l'association.

Pour l'ASIN, résilier les accords bilatéraux permettra de «mettre le holà à l'intention du Conseil fédéral de reprendre automatiquement le nouveau droit de l'UE, d'accepter les juges étrangers et d'intégrer la Suisse en catimini dans l'Union européenne».

M. Schwander a en outre vertement critiqué le gouvernement d'avoir «laissé tomber le secret bancaire». C'est de la trahison, a-t-il estimé.

En 2012, l'organisation nationaliste a recruté 611 nouveaux membres, précise-t-elle dans le communiqué. Elle a même enregistré des recettes record d'environ 3,6 millions de francs et peut s'appuyer sur des réserves de 2 millions. Le mouvement s'estime ainsi «bien préparé pour les prochains combats politiques».

Louanges allemandes

Invité à tenir un discours, le professeur allemand de droit public Karl Albrecht Schachtschneider a qualifié la Suisse de dernier bastion de la vraie démocratie. Professeur émérite de l'Université d'Erlangen-Nuremberg, il a affirmé que démocratie et Etat de droit ne peuvent exister que dans de «petites entités politiques suffisamment homogènes».

La Suisse remplit ces conditions. L'union économique, monétaire et sociale de l'Europe nuit en revanche à la démocratie et à l'Etat de droit et par conséquent à la liberté des citoyens, a-t-il critiqué. L'européanisation et la globalisation sont les instruments de «certaines forces» qui visent un monde de travailleurs et de consommateurs et non de citoyens, a-t-il poursuivi.

M. Schachtschneider compte parmi les membres du groupe qui a fait recours l'an dernier devant la Cour constitutionnelle allemande contre le mécanisme européen de sauvetage de la zone euro. La Cour a jugé en septembre que le Mécanisme européen de stabilité n'était pas contraire au droit allemand, tout en exigeant que parlement soit consulté sur les opérations et décisions de ce mécanisme.

«Dieu protège la Suisse»

L'avocat allemand Carlos A. Gebauer s'est également exprimé devant les délégués de l'ASIN pour critiquer l'union monétaire européenne. La monnaie unique comporte l'inconvénient de ne plus permettre de tenir suffisamment à distance les mentalités différentes des peuples impliqués, a notamment affirmé ce membre du parti libéral allemand (FDP).

Il a loué la décision helvétique de rester indépendante. «Dieu protège la Suisse», a-t-il conclu. (ats)

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