Actualisé 28.12.2015 à 15:12

GenèveNouvelle clope sans fumée dans le viseur de l'Etat

Les cigarettes chauffées de Philip Morris omettent l'avertissement «nuit gravement à la santé». Un acte contraire à la loi, selon Genève.

de
Stéphane Herzog
Philip Morris pourrait être obligé de changer ses paquets.

Philip Morris pourrait être obligé de changer ses paquets.

photo: Kein Anbieter/dr

Les cigarettes iQOS, avec leur système électronique qui «chauffe» le tabac, comportent un message sanitaire «soft». L'avertissement «Fumer tue» n'est pas visible sur les paquets. Ces derniers indiquent seulement que «Ce produit du tabac peut nuire à votre santé et crée une dépendance». Adjoint du chimiste cantonal à Genève, Didier Ortelli ne connaît pas le produit en question, mais considère que cet avertissement n'est pas conforme, indiquant qu'un contrôle pourrait avoir lieu.

L'adjoint rappelle que l'ordonnance sur le tabac prévoit que le fabricant doit annoncer sur le paquet que «Fumer tue» ou que «Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage». Il doit aussi choisir une mise en garde complémentaire, comme: «Fumer provoque le cancer mortel du poumon». D'après Didier Ortelli, iQOS n'y échapperait pas: «Si c'est destiné à être fumé, il n'y a pas de doute, c'est un produit du tabac et l'ordonnance s'applique.» Philip Morris pourrait se voir contraint de revoir ses paquets (encadré).

Contactée, la société indique que les minicigarettes utilisées avec iQOS «ne produisent pas de fumée, mais de la vapeur de tabac», selon Julian Pidoux, porte-parole. Dès lors, le consommateur ne fumerait pas. Le fabricant estime ainsi respecter l'ordonnance sur les produits du tabac, «qui prévoit des mises en garde sanitaires différentes en fonction de la nature du produit, fumé ou non».

A Vaud d'agir

Contrairement à son homologue genevois, l'adjoint du chimiste cantonal vaudois préfère ne pas s'avancer. «Le chimiste cantonal ne peut se prononcer sur l'importance de la nocivité de ce type de produit», juge Stefan Bieri. Si un contrôle à Genève ou ailleurs déclare l'étiquetage non conforme, les autorités du canton du siège du fabricant doivent faire rectifier le tir, d'après le Genevois Didier Ortelli. Ici, ce serait au chimiste vaudois qu'incomberait cette tâche.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!