Actualisé 12.06.2012 à 13:59

AstronomieNouvelle étape dans la course au gigantisme

Le Conseil de l'Observatoire européen austral (ESO) a approuvé le programme du télescope géant européen «Extremely Large Telescope», «l'oeil le plus grand au monde tourné vers le ciel».

Très attendu par la communauté scientifique, l'«Extremely Large Telescope (E-ELT) aura un miroir segmenté d'un diamètre sans précédent de 39,3 mètres et sera le plus grand télescope au monde observant dans le visible et l'infrarouge. Si tout va bien, il devrait commencer ses opérations scientifiques au début de la prochaine décennie.

Dans la catégorie des projets de télescopes géants, l'E-ELT est en compétition avec le Thirty meters telescope ou TMT, de 30 mètres, lancé par les Etats-Unis, et le Giant Magellan Telescope ou GMT, de 24 mètres, d'une conception différente.

L'E-ELT sera installé sur le Cerro Armazones, un sommet de 3.060 m dans le désert du nord du Chili, à proximité de l'Observatoire de Paranal de l'Observatoire européen austral (ESO) qui abrite déjà le Très grand télescope (VLT), son «petit» frère aîné.

Des galaxies «jamais vraiment observées»

«L'E-ELT va permettre d'aller aux confins de l'univers pour essayer d'observer les premières galaxies qui sont constituées de générations d'étoiles qu'on soupçonne, mais que l'on n'a jamais vraiment observées», a expliqué à l'AFP Jean-Gabriel Cuby, directeur du Laboratoire d'astrophysique de Marseille.

Cette observation est importante pour la compréhension de l'évolution de l'univers, a-t-il souligné. Les télescopes géants devraient aussi permettre de «beaucoup mieux caractériser les exoplanètes» (planètes hors du système solaire) et d'y rechercher des conditions qui pourraient être propices à la vie.

Réuni lundi au siège de l'ESO, à Garching (Allemagne), le Conseil de l'Observatoire a voté en faveur d'une résolution pour l'approbation de l'E-ELT et de sa première série de puissants équipements, en attendant la confirmation des votes dits «ad referendum» de quatre des pays membres, a indiqué l'organisation dans un communiqué.

Besoin d'un milliard d'euros

Pour approuver le lancement du programme, les deux tiers des États membres (soit au moins dix) doivent voter en sa faveur. A la réunion du Conseil, l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas, la République tchèque, la Suède et la Suisse ont voté en faveur du démarrage du programme de l'E-ELT.

Quatre États ont voté «ad referendum» en faveur du démarrage: Belgique, Finlande, Italie et Royaume-Uni. Quatre autres pays (Danemark, Espagne, France, Portugal) s'efforceront de les rejoindre «dans un avenir proche», selon l'ESO.

Suivant la résolution adoptée lundi, les dépenses concernant le projet, autres que les travaux de génie civil initiaux, ne commenceront que lorsque la contribution engagée par les pays membres aura dépassé 90% du budget global de plus d'un milliard d'euros.

Un délais d'un an pour le financement

Selon le planning actuel, les premiers contrats industriels importants pour l'E-ELT devraient être approuvés, et la majeure partie de leur financement engagée, «dans le courant de l'année prochaine».

L'ESO estime que «ce délai devrait être suffisant pour que les conditions soient satisfaites», à savoir la confirmation du vote des États qui ont voté «ad referendum», la participation des autres pays membres, et la finalisation de la procédure de ratification du Brésil.

«C'est un résultat excellent et un grand jour pour l'ESO. Nous pouvons maintenant avancer dans la programmation de ce projet géant», a déclaré le directeur général de l'ESO, Tim de Zeeuw, cité dans le communiqué.

L'ESO célèbre cette année le 50e anniversaire de sa création. (afp)

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