Actualisé 31.05.2006 à 11:34

Nouvelle flambée de violence en banlieue parisienne

Quatre policiers ont été légèrement blessés, une dizaine de voitures brûlées et treize personnes interpellées dans la nuit de mardi à mercredi à Montfermeil et Clichy-sous-Bois.

Trois fonctionnaires de police ont été blessés mardi soir à Montfermeil alors qu'ils tentaient de riposter à un groupe de jeunes qui attaquaient avec des jets de pierre un commissariat, selon la police.

A Clichy-sous-Bois et Montfermeil, treize individus ont été interpellés, dont trois placés en garde à vue, dans la nuit de mardi à mercredi, majoritairement pour des jets de pierre. Une dizaine de voitures ont été brûlées dans les deux villes.

Parmi les personnes placées en garde à vue, figure un jeune de 18 ans. Cet adolescent avait été grièvement blessé l'automne dernier en se réfugiant dans un transformateur électrique de Clichy- sous-Bois alors que la police le poursuivait. Deux jeunes gens étaient alors morts électrocutés, ce qui avait déclenché plusieurs semaines de violences urbaines.

Villes des émeutes d'octobre 2005

A la limite entre Montfermeil et Clichy-sous-Bois, devant les tours du quartier des Bosquets, vers 23h30, des journalistes de l'AFP ont vu brûler un véhicule de police, dont s'étaient extraits peu avant quatre policiers, visiblement choqués. Un hélicoptère, muni d'un projecteur, survolait les deux villes mardi soir.

Lundi soir, des échauffourées avaient opposé à Montfermeil les forces de l'ordre à une centaine de jeunes cagoulés, dont certains avaient caillassé le domicile du maire, auteur en avril d'un arrêté anti-bandes. Montfermeil et Clichy-sous-Bois, deux villes voisines de la banlieue nord de Paris, ont vu débuter les émeutes de l'automne dernier qui ont secoué l'Hexagone.

Nicolas Sarkosy parle de «voyous»

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est rendu mardi soir dans la ville voisine de Gagny, où se trouve le commissariat le plus proche. Il a affirmé que les incidents avaient été «prémédités» par des «voyous» voulant «faire le plus de dégâts et le plus de blessés possible» et a promis qu'il ne laisserait pas mettre la pagaille».

Les nouveaux heurts sont survenus dans un contexte local de forte tension entre une partie des jeunes de Montfermeil et le maire, Xavier Lemoine, membre du parti UMP (droite, au pouvoir). Selon associations et élus, ils n'augurent pas nécessairement d'une nouvelle flambée générale des banlieues.

Selon M. Lemoine, l'arrestation de l'auteur présumé d'une agression contre un chauffeur de bus serait à l'origine directe des incidents. Des élus de gauche estiment pour leur part qu'ils ont été provoqués par l'interpellation «très musclée» d'une mère de famille, lors d'une perquisition policière.

Mesures insuffisantes

A l'automne 2005, des dizaines de bâtiments publics et d'entreprises et près de 9000 véhicules avaient été incendiés au cours des trois semaines de violences qui avaient touché les banlieues défavorisées, marquées par un taux de chômage pouvant atteindre jusqu'à 40 %.

Le gouvernement avait annoncé des mesures pour aider les banlieues, notamment un effort de rénovation et 100 millions d'euros de subventions, et pour mieux lutter contre les discriminations raciales. Mais des associations ont affirmé que ce n'était pas suffisant. (ats)

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