Actualisé 19.07.2014 à 21:50

Bande de Gaza

Nouvelle journée meurtrière à Gaza

L'offensive israélienne sur l'enclave palestinienne de Gaza a connu l'une de ses journées les plus sanglantes samedi.

Près de 50 Palestiniens ont été tués, malgré les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu. Le Hamas a remis dans ce contexte les conditions d'une trêve à l'Egypte, au Qatar, à la Turquie, à la Ligue arabe et à Mahmoud Abbas.

Le président palestinien doit lui-même rencontrer dimanche le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal à Doha pour parler d'une trêve à Gaza.

C'est la première fois que Mahmoud Abbas, chef de l'Autorité palestinienne qui administre les zones autonomes de Cisjordanie occupée, est publiquement cité comme partie prenante du processus par le Hamas, de facto au pouvoir à Gaza.

A Ramallah, Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par M. Abbas, a entériné les demandes du Hamas au nom du programme national palestinien pour aboutir à un Etat souverain.

«Les demandes de la Résistance sont aussi nos demandes», a-t-il dit. «Si Gaza est brisée, tous les Palestiniens seront brisés», a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, en visite au Proche-Orient, a lui demandé au Qatar d'user de son influence sur le Hamas afin de parvenir à une trêve. S'entretenant en soirée avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, il a constaté l'échec des appels au cessez-le-feu.

Quarante-six Palestiniens tués

Sur le terrain, le bain de sang se poursuit sans répit. Au moins 46 Palestiniens ont péri dans la bande de Gaza. Ils portent à 342 morts et quelque 2400 blessés le bilan depuis le début le 8 juillet de l'offensive lancée par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes du Hamas, qui contrôle l'enclave sous blocus israélien.

Selon l'ONU, les civils représentent plus des trois-quarts des victimes. Et selon l'Unicef au moins 73 mineurs figurent parmi les tués.

Deux soldats israéliens tués

Côté israélien, la majorité des victimes sont des militaires. Deux soldats israéliens ont été tués par un commando palestinien qui s'était infiltré en Israël via un tunnel depuis Gaza, a annoncé l'armée. Leurs décès portent à trois le bilan des militaires tués depuis le début de l'offensive terrestre.

L'armée a aussi dit avoir repoussé un commando palestinien s'étant infiltré en Israël via un tunnel provenant du centre de la bande de Gaza. Un combattant palestinien a été tué et deux soldats ont été blessés, selon elle.

Un Bédouin israélien a lui été tué par une roquette palestinienne près de Dimona (sud d'Israël) où se trouve un centre nucléaire. Un autre civil et un soldat, touché par un «tir ami», ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne.

Les opérations terrestres vont être élargies

Quelque 90 roquettes palestiniennes ont touché Israël depuis jeudi. Les troupes israéliennes ont elles attaqué plus de 240 sites «terroristes» dont dix tunnels et 22 accès.

Israël a annoncé qu'il élargirait ses opérations terrestres, notamment sur les souterrains, ceux-ci ne pouvant être atteints par les frappes aériennes.

L'armée a demandé aux habitants d'Al-Boureij et Al-Maghazi (centre), Tourkman (nord), Al-Jadida et Chajaya (quartiers de la ville de Gaza) d'évacuer leurs domiciles, dans cette petite bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes.

L'ONU à Gaza a pour sa part indiqué accueillir plus de 50'000 déplacés et craindre que ce nombre augmente encore.

Les Gazaouis crient leur désespoir

Les Gazaouis continuaient eux de crier leur désespoir, leur peur et leur colère contre Israël, accusé d'avoir réduit en poussière des centaines de maisons et d'immeubles pleins de civils.

Enfin, des milliers de manifestants pro-palestiniens ont défilé à Londres, Bruxelles et Paris. Dans cette dernière ville, une interdiction des autorités a tourné à l'affrontement. A Genève, Plus de 300 personnes ont également témoigné leur solidarité avec le peuple palestinien. (ats/afp)

L'avenir des roquettes

L'armée israélienne a affirmé samedi que les activistes palestiniens de la bande de Gaza avaient utilisé ou perdu la moitié environ de leurs roquettes, en 12 jours de conflit. Les combattants islamistes disent, eux, avoir reconstitué leur stock.

Selon Tsahal, les activistes ont tiré au moins 1705 roquettes, sur un stock total de 10'000, soit 17%. «Je pense que nous avons atteint et détruit 30 à 40% des roquettes», a dit le principal porte-parole de l'armée, le général Moti Almoz.

Les responsables palestiniens déclaraient de leur côté samedi que les attaques israéliennes avaient fait au total plus de 330 morts, des civils en majorité.

Les combattants palestiniens ne divulguent aucune information précise sur leur arsenal ou sur leur déploiement. Ils ont toutefois déclaré reconstituer leur stock de roquettes à mesure que le conflit se poursuit et qu'ils sont prêts de ce fait à une guerre longue.

«L'invasion terrestre n'a pas atteint ses objectifs et (notre) héroïque résistance a beaucoup terni l'image qui était celle de la dissuasion israélienne», a déclaré un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

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