Actualisé 21.02.2014 à 22:11

VenezuelaNouvelle mobilisation prévue samedi

Pour la deuxième fois dans la même semaine, Caracas sera samedi le théâtre d'une double mobilisation. La violence au Venezuela a fait 8 morts et près de 140 blessés.

Les manifestations au Venezuela, qui durent depuis plus de 15 jours, ont fait huit morts et 137 blessés tandis qu'une centaine de personnes ont été arrêtées, ont annoncé vendredi les autorités.

Quatre personnes ont été tuées à Caracas, dont trois par balles pendant la grande manifestation des étudiants et des opposants le 12 février qui a dégénéré en affrontements entre protestataires, policiers et groupes armés illégaux, considérés comme des sympathisants du pouvoir.

Deux personnes sont mortes dans l'Etat de Carabobo (centre-nord). L'une était une reine de beauté, qui a reçu une balle en pleine tête pendant une manifestation, et l'autre un procureur, tué dans un accident de voiture alors qu'il tentait d'échapper à des manifestants.

Dans l'Etat de Sucre (nord-est) un étudiant est mort écrasé lors d'une manifestation tandis qu'à Lara (centre-nord) un ouvrier a été tué par balles depuis un immeuble, a indiqué Mme Ortega, qui a assuré que pour toutes les personnes tuées des enquêtes avaient été ouvertes.

Nouvelle mobilisation samedi

Vendredi, des témoignages concordants d'opposants et de la presse locale ont rapporté des actes d'intimidation perpétrés durant la matinée par des civils armés dans la ville de Valencia, où avait lieu un rassemblement après la mort par balles d'une manifestante en début de semaine.

Le Venezuela est agité depuis plus de 15 jours par une vague de contestation étudiante entamée en province et appuyée par l'opposition au président socialiste Nicolas Maduro portant sur l'insécurité et la vie chère.

Dans l'Etat de Tachira (ouest), «des groupes sont passés à moto en tirant» sur des habitants qui protestaient contre le gouvernement en frappant sur des casseroles à leur fenêtre, a dénoncé la dirigeante étudiante Gaby Arellano, de l'Université des Andes.

Haute surveillance militaire

A San Cristobal, capitale de Tachira et épicentre de la contestation le 4 février, commerces fermés et vestiges de barricades sont le lot quotidien depuis plusieurs jours.

La ville, placée sous forte surveillance militaire, était calme vendredi, a constaté un photographe de l'AFP. Le mot «paix» était lisible sur un vieux cher d'assaut exposé comme monument et vandalisé par des protestataires.

Le président Nicolas Maduro, qui affronte la plus importante vague de contestation depuis son élection de justesse en avril dans la foulée du décès de son mentor Hugo Chavez, a de son côté confirmé jeudi soir le décès d'un homme à Barquisimeto (ouest), portant à cinq le nombre de victimes depuis le début des troubles.

L'Etat de Tachira, frontalier avec la Colombie, est l'une des zones les plus agitées et le gouvernement, qui qualifie les événements actuels de tentative de coup d'Etat, y a déployé un bataillon de parachutistes, arguant de la présence de «paramilitaires colombiens».

Femmes réunies

Sur la télévision d'Etat, le pouvoir appelle lui «les femmes» à se réunir des 09H00 (13H30 GMT) dans le centre de Caracas «contre le fascisme».

Déclenchée par la tentative de viol d'une étudiante sur le campus à San Cristobal, la mobilisation a peu à peu dérivé des revendications sur l'insécurité vers la critique plus générale de la situation du pays, touché par une inflation record et des pénuries récurrentes, ainsi que des appels à libérer les manifestants interpellés ou des dénonciations contre la censure des médias.

Mettant à exécution les menaces la veille de M. Maduro, les autorités ont d'ailleurs retiré leurs accréditations aux journalistes de la télévision américaine d'information en continu CNN, accusée de chercher à montrer que le Venezuela se trouve en état de «guerre civile», a indiqué vendredi après-midi sur Twitter la correspondante de la chaîne, Osmary Hernandez.

La semaine dernière, le gouvernement avait déjà interdit la chaine colombienne NTN24 pour avoir alimenté «l'angoisse» de la population en couvrant les violences ayant suivi une manifestation. (afp)

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