France: Nouvelle nuit de violences dans le Val-d'Oise
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FranceNouvelle nuit de violences dans le Val-d'Oise

Huit personnes ont été interpellées après une deuxième nuit de violences liées à la mort d'un jeune homme.

Des violences ont éclaté pour la deuxième nuit consécutive de mercredi 20 à jeudi 21 juillet dans le Val-d'Oise. (Photo d'illustration)

Des violences ont éclaté pour la deuxième nuit consécutive de mercredi 20 à jeudi 21 juillet dans le Val-d'Oise. (Photo d'illustration)

photo: AFP

Des violences ont éclaté pour la deuxième nuit consécutive de mercredi 20 à jeudi 21 juillet dans le Val-d'Oise, après la mort d'un homme de 24 ans lors de son interpellation, qualifiée de «bavure» par les habitants de son quartier.

«Huit individus ont été interpellés. Certains pour jets d'objets incendiaires sur les forces de l'ordre, d'autres qui tentaient d'incendier la mairie de Beaumont-sur-Oise», a indiqué vers 2H30 à l'AFP, le directeur de cabinet du préfet du Val-d'Oise, Jean-Simon Mérandat. Il a également mentionné 8 feux de véhicules et 19 feux de poubelles.

Les violences se sont produites sur les communes voisines de Beaumont-sur-Oise, Persan et Bruyères-sur-Oise, où 180 membres des forces de l'ordre étaient mobilisées, a-t-il précisé.

La mort d'Adama, une bavure policière ?

La «situation est tendue mais maîtrisée compte-tenu du dispositif robuste mis en place», a ajouté Jean-Simon Mérandat.

Des échauffourées impliquant une centaine de personnes avaient déjà éclaté la veille, lorsque s'est diffusée la nouvelle de la mort d'Adama, 24 ans, lors de son interpellation par les gendarmes mardi après-midi.

Le jeune homme a dans un premier temps été présenté comme étant suspecté dans une affaire d'extorsion de fonds. Mais, selon une source proche de l'enquête, Adama se serait en fait interposé lors de l'interpellation de son frère, le véritable suspect recherché dans cette affaire, avant d'être lui-même interpellé.

Malaise dans un véhicule de police

Selon le procureur de la République de Pontoise, Yves Jannier, Adama «a fait un malaise pendant le trajet dans le véhicule» vers la gendarmerie. «Immédiatement alertés», les pompiers sont intervenus pour lui porter secours, mais n'ont pas pu le ranimer.

Mercredi, les jeunes du quartier Boyenval à Beaumont-sur-Oise, l'un de ceux où ont eu lieu les échauffourées, parlaient de «bavure», réfutant la thèse d'un arrêt cardiaque.

«Il était en pleine santé, c'était un grand sportif, un costaud», assure ainsi Sofiane, 30 ans, entouré d'autres jeunes des communes avoisinantes, certains les larmes aux yeux. «Adama est mort le jour de son anniversaire», lâche Sofiane.

«On sait que ça va être camouflé»

«On sait que ça va être camouflé», lance Ornel, 24 ans. «On aimerait bien que les gradés viennent nous voir. Si ça brûle pas y'aura rien, c'est le sentiment qu'on a».

Dans l'après-midi, des jeunes du quartier se sont rendus à la mairie de Persan où devait être organisé un point presse avec le maire de la commune et Jean-Yves Latournerie, préfet du Val-d'Oise : «on veut voir le corps, qu'on nous explique», disaient-ils. Ils sont repartis sans explications, le point de presse ayant été annulé.

«Les circonstances n'étaient pas réunies pour ce dialogue-là», a estimé plus tard le préfet, alors que des jeunes qui avaient organisé un sit-in devant la gendarmerie de Persan venaient d'être évacués par les forces de l'ordre. «Je comprends la peine des proches», a-t-il ajouté, «ils ont droit à la vérité, il faut laisser le temps à la justice de l'établir».

Enquête en cours

Une enquête conjointe de la section de recherches et de l'inspection générale de la gendarmerie est en cours.

«On va faire procéder à une autopsie pour avoir le maximum d'éléments d'information», a indiqué à l'AFP le procureur de Pontoise, précisant qu'une information judiciaire avait été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances du décès.

Il a évoqué la «possibilité, pour des membres de la famille très proches», de voir le corps du jeune homme avant l'autopsie. Les résultats des analyses médico-légales devraient être connus jeudi en fin de journée.

Gendarmes blessés

Lors des échauffourées dans la nuit de mardi à mercredi, cinq gendarmes ont été légèrement blessés au «cours des affrontements», selon une source proche des autorités, et les forces de l'ordre ont essuyé des «tirs d'armes à plomb».

Un autre gendarme avait été légèrement blessé au cours de l'interpellation du jeune homme décédé, a-t-on affirmé de même source.

La porte-parole de la gendarmerie nationale, Karine Lejeune avait précisé que neuf véhicules, dont deux de la police municipale, avaient été incendiés, et quatre bâtiments publics dégradés, dont la mairie de Bruyères-sur-Oise et une école de Beaumont-sur-Oise.

Une personne avait été interpellée, selon un représentant de la préfecture. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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