Actualisé 06.07.2018 à 12:32

Nucléaire

Nouvelle offre des grandes puissances à l'Iran

Les Iraniens aimeraient que les Européens compensent le retrait des Etats-Unis, sans quoi ils reprendront l'enrichissement d'uranium.

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

AFP
Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York.  (23 septembre 2019)

Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York. (23 septembre 2019)

AFP

Les Européens, la Russie et la Chine rencontraient vendredi à Vienne les responsables iraniens. Pressés de faire des propositions concrètes pour garantir la survie de l'accord sur le nucléaire, ils sont arrivés avec une «offre» qu'ils estiment suffisamment «attractive» pour que Téhéran reste engagé dans le pacte.

«Nous formulons une offre que nous trouvons attractive» pour que l'Iran puisse continuer à commercer avec les entreprises européennes en dépit du retour annoncé des sanctions américaines, a déclaré à la presse le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Mass. Il s'est exprimé avant le début de la réunion dans la capitale autrichienne, qui a commencé vers 11h00.

Mais le président iranien Hassan Rohani a tempéré les attentes. Il a fait monter la pression dès la veille de la rencontre des chefs de la diplomatie des cinq puissances restant partie à l'accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) avec leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Le paquet de mesures «ne répond pas à toutes les exigences de la République islamique», a indiqué M. Rohani au président français Emmanuel Macron lors d'un échange téléphonique, selon l'agence de presse officielle iranienne Irna. «Ce ne sera pas la dernière discussion» sur ce sujet entre l'Iran et ses partenaires, a reconnu M. Mass.

Peugeot et Maersk partent

Le responsable allemand a également admis que les Européens «ne pourraient pas tout compenser». Mais ils veulent «montrer à l'Iran qu'un retrait aurait plus de désavantages qu'un maintien» dans le pacte, a-t-il ajouté.

L'Iran tente d'obtenir des pays européens des compensations économiques au désengagement fracassant des Etats-Unis qui ont dénoncé l'accord début mai, le jugeant trop laxiste. Téhéran a menacé à plusieurs reprises de reprendre l'enrichissement d'uranium.

Le pacte historique de 2015 soumet l'Iran à un strict contrôle de ses activités nucléaires visant à empêcher le pays d'accéder à l'arme atomique. La contrepartie de l'accord pour l'Iran fut la levée des sanctions économiques internationales avec la perspective de nouveaux investissements.

Or depuis que le gouvernement américain de Donald Trump a dénoncé le texte, la perspective du retour des sanctions américaines a commencé à faire fuir les investisseurs étrangers. Le constructeur automobile français Peugeot et l'armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers se préparent à quitter le pays. Le Français Total risque de retirer d'un projet de développement du vaste champ gazier iranien Pars Sud.

Compte à rebours

La rencontre de vendredi doit donner «une impulsion» en vue de protéger les intérêts des acteurs économiques, avait annoncé le vice-ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Riabkov. Téhéran ne cache pas son impatience. «Le temps des négociations arrive à son terme», avait prévenu début juin le président du Parlement iranien, Ali Larijani.

Dans sa liste de conditions présentées fin mai, le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a notamment demandé une garantie sur les ventes iraniennes de pétrole et sur les transactions commerciales.

L'Europe se retrouve ainsi sous une double pression, celle de Téhéran qui a besoin d'investissements étrangers pour remettre à flot son économie, et celle de Washington qui pourrait s'en prendre à ses entreprises et les priver d'accès au marché américain. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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