Haut-Valais: Nouvelle répartition des sièges exigée
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Haut-ValaisNouvelle répartition des sièges exigée

La fraude électorale a été constatée à Brigue, Viège et Naters. Les trois municipalités ont déposé plainte en mars 2017.

Une vue de Viège. (Photo d'illustration)

Une vue de Viège. (Photo d'illustration)

Keystone

Le Parti chrétien social du Haut-Valais estime que la fraude électorale constatée lors des élections cantonales l'a privé d'un siège au parlement. Il a déposé une opposition auprès du Grand conseil et exigé une nouvelle répartition des sièges.

La fraude électorale a été constatée à Brigue, Viège et Naters. Les trois municipalités ont déposé plainte après le second tour des élections cantonales de mars 2017. Dans les trois villes, le scénario était le même: les irrégularités ont été constatées lorsque des citoyens se sont plaints de n'avoir par reçu leur matériel de vote alors que les registres indiquaient qu'ils avaient déjà voté.

En juin dernier, la justice a arrêté le fraudeur présumé: un jeune Suisse de 30 ans, domicilié dans le Haut-Valais et alors encore membre de l'UDC. Les quelque 120 irrégularités constatées ne devraient pas influencer le résultat de l'élection du Conseil d'Etat ni remettre en cause l'éviction d'Oskar Freysinger, qui accusait 2124 voix de retard sur son concurrent Frédéric Favre.

Impact sur l'élection du Grand Conseil?

La fraude électorale pourrait bien en revanche avoir influencé les résultats de l'élection au Grand Conseil. Le premier tour qui s'est déroulé le 5 mars a en effet été entaché de 61 cas de fraudes, soit 45 à Brigue et 16 à Naters, comme le rapporte jeudi le «Walliser Bote».

Les autorités des deux villes n'en ont pas pas fait état tout de suite. «Nous nous sentons floués d'un siège», a indiqué jeudi à l'ats Alex Schwestermann.

Le président de l'aile chrétienne sociale du PDC haut-valaisan (CSPO) se réfère aux calculs d'un mathématicien de la HES-SO Valais, cité par le Walliser Bote. Selon lui, une différence de 28 listes seulement pouvait faire perdre un siège au CSPO au profit de l'UDC.

Ce siège du CSPO (comptant pour le PDC) a été perdu dans le district de Rarogne oriental, mais l'UDC a gagné un siège dans celui de Brigue, au détriment du PDC. Si l'on avait retiré 61 listes à l'UDC, le CSPO aurait gardé son siège à Rarogne oriental et le PDC le sien dans le district de Brigue, assure Alex Schwestermann.

Délai échu pour une opposition

Pour le président du CSPO, le fait que les autorités de Brigue et de Naters n'aient pas signalé les cas de fraude après le premier tour est particulièrement fâcheux. Le CSPO aurait pu tout de suite contester les résultats du vote, souligne-t-il.

Le CSPO a décidé d'agir tout de même et a déposé une opposition auprès du Grand Conseil valaisan. Il exige une nouvelle répartition des sièges, dès que les résultats de l'instruction pénale seront connus. L'opposition doit prochainement être examinée par la commission de justice du Grand Conseil, dont le député Alex Schwestermann est membre.

Ce dernier est conscient du fait que sans aveux complets du fraudeur, il sera impossible de savoir combien de listes manipulées ont favorisé l'UDC. Identifier la signature ne suffira pas, étant donné qu'elle est séparée du bulletin de vote avant le dépouillement.

Nouveau scrutin exclu

Alex Schwestermann pense toutefois que le fraudeur a bien manipulé les 61 bulletins incriminés. Il se base sur un indice: la démission, juste après la révélation des fraudes, d'une députée-suppléante UDC qui est la partenaire du fraudeur présumé arrêté.

Le CSPO n'exige pas une répétition du scrutin mais une nouvelle répartition des sièges. «Si le Grand Conseil ne bouge pas, le thème reviendra sur le tapis aux prochaines élections», indique Alex Schwestermann. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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