Covid à Genève: Nouvelles aides pour le sport amateur en crise
Publié

Covid à GenèveNouvelles aides pour le sport amateur en crise

Communes et Canton débloquent un million de francs pour soutenir les associations sportives et les petits clubs. La pandémie les a notamment privés de sponsors et d’événements qui leur rapportaient gros.

par
David Ramseyer
Les Geneva Seahawks espèrent obtenir une nouvelle aide, alors que Communes et Canton débloquent un million de francs pour soutenir les clubs de sport genevois.

Les Geneva Seahawks espèrent obtenir une nouvelle aide, alors que Communes et Canton débloquent un million de francs pour soutenir les clubs de sport genevois.

annafromathens

«En 2020, l’urgence a primé, rembobine le conseiller d’État Thierry Apothéloz, chargé du Département de la cohésion sociale. Avec cette deuxième volée du fonds Covid-sport, nous entendons pérenniser les associations et les clubs qui seraient en difficulté, et éviter les faillites.» Après avoir débloqué un million de francs en octobre dernier, les collectivités publiques remettent le couvert pour venir en aide au sport amateur, mis hors-jeu par les restrictions liées à la pandémie de coronavirus. Le même montant qu’à l’automne passé sera à disposition, ont-elles annoncé ce lundi, à des conditions bien précises (cf. encadré).

«Notre objectif est de conserver une offre sportive importante à la population, résume Marie Barbey-Chappuis, conseillère administrative chargée du sport en Ville de Genève. Ces derniers mois, seuls les jeunes ou les élites ont pu s’entraîner dans leurs clubs. Les gens ont besoin d’évacuer leur stress, notamment dû à la pandémie, ou tout simplement de prendre du plaisir à pratiquer leur sport favori.»

Des aides «pour ne pas couler»

En cette période de crise, les difficultés des Geneva Seahawks illustrent celles de la plupart des associations et des petits clubs. L’équipe de football américain a touché 18’000 fr. du fond spécial ouvert l’automne dernier, sur les 25’000 fr. espérés. Elle fera une nouvelle demande de soutien ce printemps. «Ces aides Covid ne résolvent évidemment pas tous nos soucis, lâche Fabrice Kaech, président du club. Mais elles nous empêchent de couler… pour l’instant.»

Premier écueil, de taille, rencontré par les clubs: ils peinent à conserver leurs sponsors – des entreprises locales, avant tout. L’arrêt des compétitions ou l’absence de public privent ces derniers de visibilité, ce qui ne les incite pas à délier les cordons de leur bourse. «Par ailleurs, certains sont eux-mêmes en difficulté financière et ne peuvent donc plus nous appuyer», remarque Fabrice Kaech. Les interdictions de rassemblement ont aussi effacé du calendrier les lotos et les soirées de soutien. «Elles nous rapportaient environ 30’000 fr. par an, sur 220’000 fr. de budget.»

Enfin, pas toujours facile de réclamer le versement de cotisations – une manne importante pour beaucoup de clubs – en l’absence d’événements, d’entraînement ou de disponibilité des installations. Des membres s’en vont et il n’est pas aisé de recruter dans ces circonstances. Au final, Fabrice Kaech a fait les comptes: «Nos pertes financières l’an dernier ont représenté la moitié de notre budget annuel.»

Pas question d’arroser les clubs

Ce fonds d’un million de francs, qui s’ajoute aux subventions ordinaires, est financé à parts égales entre la Ville de Genève, l’Association des communes genevoises, le Canton et le Fonds cantonal du sport (alimenté par les bénéfices de la Loterie Romande). Les aides sont destinées aux structures à but non lucratif, établies dans le canton, et reconnues par Jeunesse+Sport ou Swiss Olympic. Elles excluent les sociétés anonymes, tels que le secteur professionnel du Servette FC par exemple, mais pas le secteur formation du club grenat. Les organisateurs d’événements sportifs peuvent également bénéficier de ces soutiens financiers. Leur attribution se fera sur dossier, lequel doit justifier preuves à l’appui des pertes enregistrées en raison des restrictions liées au Covid. L’appel à candidatures débute ce lundi. Lors de la première volée d’aides, l’automne passé, 58 dossiers avaient été retenus sur 102 déposés, pour un montant total de 850’000 francs.

Ton opinion

49 commentaires