Actualisé 11.10.2009 à 20:50

Proche-Orient

Nouvelles discussions à Jérusalem

L'émissaire américain au Proche- Orient, George Mitchell, a eu dimanche un deuxième entretien avec Benjamin Netanyahu, après s'être entretenu samedi avec le premier ministre palestinien Salam Fayyad.

Cette nouvelle visite ne laisse entrevoir aucun signe de reprise imminente des pourparlers israélo- palestiniens.

Le ministre de la défense Ehud Barak a participé à la rencontre de dimanche destinée à «relancer le processus de paix», a indiqué la Présidence du Conseil. La rencontre a duré plus d'une heure

A la suite de ces entretiens, M. Netanyahu doit envoyer en milieu de semaine deux de ses conseillers à Washington pour la poursuite des contacts, a encore indiqué son bureau.

George Mitchell avait déjà été reçu vendredi par le premier ministre israélien dans une rencontre qualifiée de «constructive» par les services de M. Netanyahu. Il a également pu s'entretenir avec le premier ministre palestinien Salam Fayyad samedi à Jérusalem. Aucune information n'a filtré sur la rencontre.

Accord Hamas/Fatah reporté

L'émissaire américain s'était ensuite rendu samedi au Caire pour y rencontrer le ministre des affaires étrangères Ahmed Aboul Gheït et le chef des services de renseignement égyptiens, le général Omar Souleïmane.

Ce dernier est impliqué dans le dialogue indirect entre Israël et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza, ainsi que dans les efforts de rapprochement entre ce mouvement islamiste et l'Autorité palestinienne.

M. Aboul Gheit a par ailleurs estimé dimanche que les deux factions rivales pourraient reporter de «peut-être quelques semaines» la signature de leur accord de réconciliation, prévue initialement le 26 octobre. Le Hamas reproche à Mahmoud Abbas d'avoir reporté le vote du rapport Goldstone, un texte qui critique l'intervention d'Israël lors de l'offensive de Gaza l'hiver dernier, devant l'ONU.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a de nouveau défendu dimanche sa décision, qu'il a prise «afin d'assurer le plus large soutien à une résolution dans l'avenir».

Mahmoud Abbas a annoncé la formation d'une commission chargée de se prononcer sur cette affaire. «Si cette commission juge que la décision de reporter le vote a été une erreur, nous aurons assez de courage pour prendre nos responsabilités et dire 'nous nous sommes trompés'», a-t-il assuré.

Pour un porte-parole du Hamas à Gaza, «le discours d'Abbas n'est qu'une tentative d'éluder ses responsabilités dans le crime commis par l'Autorité palestinienne à Genève».

Une solution à deux Etats

M. Mitchell, qui a multiplié ces derniers mois les navettes dans la région, sans résultat tangible avait réitéré vendredi le soutien de Washington à la coexistence d'Israël et d'un Etat palestinien, à l'issue d'entretiens avec M. Netanyahu puis le président palestinien Mahmoud Abbas.

«Nous comprenons qu'il y a beaucoup de difficultés, beaucoup d'obstacles. Mais nous sommes bien déterminés à poursuivre nos efforts jusqu'à ce que cet objectif soit atteint.» Les pourparlers butent toutefois sur une pierre d'achoppement. M. Netanyahu résiste aux pressions américaines pour un «gel» de la politique de colonisation israélienne dans les territoires occupés.

Gel de la colonisation exigé

De son côté, le Comité central du mouvement Fatah, dirigé par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a réitéré dimanche son opposition à toute reprise des négociations avec Israël sans un arrêt complet de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem.

Le Comité central a souligné dans un communiqué la nécessité d'une «position ferme sur le processus de paix» et exigé, en préalable «un arrêt complet de la colonisation sous toutes ses formes, y compris à Jérusalem occupée».

Une prompte résolution du conflit israélo-palestinien est une priorité diplomatique pour le président américain Barack Obama, mais le sommet tripartite qu'il a organisé en septembre à New York avec Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu s'est soldé par un échec.

Le locataire de la Maison blanche attend pour la mi-octobre un rapport d'évaluation sur les progrès réalisés vers une relance des pourparlers de paix suspendus en décembre. (ap)

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