Suisse: Nouvelles mesures pour lutter contre la pollution
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SuisseNouvelles mesures pour lutter contre la pollution

La pollution tue chaque année entre 3000 et 4000 personnes en Suisse. Même si la qualité de l'air s'est globalement améliorée, le niveau des particules de suie doit être fortement baissé.

Pour ce faire, des valeurs-limites pour des particules fines doivent être établies, estime la Commission fédérale de l'hygiène de l'air (CFHA).

Selon son rapport «Les particules fines en Suisse en 2013», ce sont surtout ces dernières qui sont préoccupantes, car elles parviennent à s'introduire au fond des poumons et dans la circulation sanguine.

Les conséquences peuvent être très graves: maladie respiratoire, cancer des poumons, mortalités infantiles, maladies infectieuses chez les enfants, allergies ou encore maladies du coeur.

Afin d'éviter que la pollution atmosphérique ne continue d«entraîner ce type de maladies, la CFHA propose d'adopter une nouvelle valeur-limite d«immission (VLI) pour les particules d«un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, les PM2,5.

Cette commission demande donc d«introduire, en plus des valeurs-limites existantes pour les PM10 (inférieur à 10 micromètres), une valeur-limite spécifique pour les PM2,5. Et d«ancrer la valeur moyenne sur une année à 10 g/m3 d«air, recommandée par l«Organisation mondiale de la Santé, dans l«ordonnance sur la protection de l«air (OPair).

La CFHA préconise de fixer également un objectif de réduction contraignant pour les suies, qui sont cancérogènes, de façon à réduire les émissions de 80% au cours des dix prochaines années.

«La VLI proposée n«entraînera pas un remaniement de la stratégie de lutte contre la pollution de l«air, mais un renforcement des mesures en place», précise la CFHA. «Pour respecter cette valeur-limite, il faudra redoubler d«efforts pour réduire les émissions à la source», souligne-t-elle dans un communiqué diffusé mercredi.

Chauffages à bois nocifs

D'après le président de la CFHA Nino Künzli interrogé par l'ats, la pollution est principalement provoquée par le trafic, l'industrie, le chauffage, notamment celui au feu de bois. Ces derniers sont en effet à la mode. Les maîtres d'ouvrage sont toujours plus nombreux à préférer le bois comme matière première durable, plutôt que le pétrole ou le gaz.

Or, selon Nino Künzli, si le niveau de suie est réduit, ce n'est pas seulement la qualité de l'air qui est améliorée, mais aussi le climat. Il ne s'agit pas d'interdire les feux de cheminée, mais d'éviter de les utiliser pour chauffer les maisons. Les nouvelles constructions devraient selon lui être munies de chauffages modernes qui éliminent mieux le bois.

Efforts salués

La CFHA reconnaît toutefois les avancées réalisées par la Suisse dans ce dossier au cours des dernières années. Sept ans après son dernier rapport sur les poussières fines, la Commission a une nouvelle fois analysé et évalué la situation en termes d«émission de poussières fines et d«impact de ces dernières sur la santé de la population.

Les véhicules diesel sont par exemple munis de filtres à particules et les voitures à essence de catalyseurs. A ce titre, la commission estime que les nouvelles normes européennes pour les véhicules devraient permettre de réduire encore sensiblement les émissions de suies, ainsi que de poussières fines.

De manière plus générale, l'épisode récent de pollution s'inscrit dans une tendance à la baisse sur le long terme, due aux mesures de protection de l'air. La Confédération s'attend à un nouveau recul des particules fines de 15% d'ici 2020, selon une étude de l'Office fédéral de l'environnement publiée l'an dernier. (ats)

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