26.08.2020 à 16:43

Mer de Chine méridionaleNouvelles sanctions américaines contre la Chine

Les États-Unis prévoient des sanctions contre des entreprises et des responsables chinois accusés de contribuer à la «militarisation» de la mer de Chine méridionale

Dans un communiqué, le secrétaire d’État a menacé de continuer à «prendre des mesures tant que Pékin ne cessera pas d’avoir un comportement coercitif en mer de Chine méridionale».

Dans un communiqué, le secrétaire d’État a menacé de continuer à «prendre des mesures tant que Pékin ne cessera pas d’avoir un comportement coercitif en mer de Chine méridionale».

KEYSTONE

Les États-Unis ont annoncé mercredi des sanctions visant des entreprises et des responsables chinois accusés de contribuer à la «militarisation» de la mer de Chine méridionale.

Ces sanctions s’inscrivent dans la nouvelle politique renforcée annoncée mi-juillet par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo pour lutter contre les revendications «illégales» de Pékin en mer de Chine méridionale, sur fond d’escalade des tensions sans précédent entre les deux grandes puissances.

Dans un communiqué, le secrétaire d’État a menacé de continuer à «prendre des mesures tant que Pékin ne cessera pas d’avoir un comportement coercitif en mer de Chine méridionale».

Privé de visa

D’une part, le département d’État devait commencer dès mercredi à priver de visa américain et donc d’entrée aux États-Unis tout ressortissant chinois qui contribue à «l’assèchement à grande échelle, la construction ou la militarisation» d’îlots artificiels disputés considérés comme des postes avancés en mer de Chine méridionale. Sont aussi visés ceux qui participent à «l’utilisation par la République populaire de Chine de la coercition contre des personnes du Sud-Est asiatique pour entraver leur accès aux ressources offshore». Il n’a précisé ni l’identité ni le nombre des individus concernés.

D’autre part, le département américain du Commerce a ajouté à sa liste noire 24 sociétés publiques chinoises, dont plusieurs subsidiaires de la China Communications Construction Company, accusées d’aider l’armée chinoise à militariser ces îlots.

En mai, Mike Pompeo avait annoncé «renforcer la politique des États-Unis» dans cette «zone vitale et disputée».

Une ère glaciale

«Les revendications de Pékin sur les ressources offshore dans la plus grande partie de la mer de Chine méridionale sont complètement illégales, de même que sa campagne d’intimidation pour les contrôler», avait-il ajouté, rappelant qu’un tribunal de la cour permanente d’arbitrage de La Haye avait jugé en 2016 que la Chine n’avait pas de base légale pour revendiquer des «droits historiques» sur cette zone.

Les relations entre Pékin et Washington sont entrées dans une ère glaciale, notamment depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, dont le président américain Donald Trump attribue la responsabilité à l’absence de transparence des autorités chinoises.

Les tensions, d’abord limitées aux questions commerciales, se sont multipliées, du sort de Hong Kong aux accusations d’espionnage industriel jusqu’aux droits des musulmans ouïghours.

«Triompher de la nouvelle tyrannie»

Mike Pompeo en fait désormais l’axe principal de la politique étrangère américaine, en empruntant une rhétorique idéologique digne de la Guerre froide lorsqu’il appelle le «monde libre» à «triompher» de la «nouvelle tyrannie» incarnée selon lui par le Parti communiste chinois.

Dans ce contexte, le secrétaire d’État s’est aussi dit mercredi «effaré d’apprendre la poursuite des tactiques de harcèlement et d’intimidation du Parti communiste chinois contre nos amis au Royaume-Uni».

Il a évoqué dans un autre communiqué le fait que la banque britannique HSBC aurait «empêché des dirigeants basés à Hong Kong du groupe Next Media», qui édite des publications prodémocratie, «d’accéder à leurs cartes de crédit et comptes bancaires personnels».

«La banque préserve donc les comptes de personnes sanctionnées pour priver les Hongkongais de liberté, tout en fermant les comptes de ceux qui recherchent cette liberté», a protesté le ministre américain, rappelant que le responsable de la banque pour l’Asie Pacifique avait soutenu la loi controversée sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong.

(AFP/NXP)

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