Crise en Ukraine: Nouvelles sanctions contre la Russie
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Crise en UkraineNouvelles sanctions contre la Russie

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont décidé lundi d'imposer de nouvelles sanctions contre des responsables et entresprises russes, en raison de l'attitude de Moscou à l'égard de l'Ukraine.

Les nouvelles sanctions visent des responsables russes et ukrainiens pro-russes ainsi que des entreprises de l'entourage du président Vladimir Poutine. La Russie, dont le rôle dans la crise actuelle en Ukraine est «crucial» selon Didier Burkhalter, s'est déclarée «écoeurée».

Les sanctions américaines ciblent surtout le directeur du géant du pétrole Rosneft, Igor Setchine, un très proche collaborateur de M. Poutine. Elles ne visent toutefois pas spécifiquement les secteurs minier et énergétique. La Maison Blanche a déclaré que de telles sanctions demeuraient toutefois possibles, mais qu'elles ne seraient déclenchées que si la Russie envahissait l'Ukraine.

Washington justifie ce nouveau tour de vis par «les actes de provocation (de la Russie) qui sapent la démocratie (...) et menacent la paix, la sécurité, la stabilité et l'intégralité territoriale», tout en ne respectant pas l'accord de Genève.

Outre M. Setchine, les sanctions américaines visent aussi Sergueï Chemezov, dirigeant de la holding publique Rostec, et dont les relations avec M. Poutine remonteraient aux années 1980, ainsi que le chef adjoint de l'administration présidentielle russe Viatcheslav Volodine, le chef de la commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov, et le vice-Premier ministre russe Dmitri Kozak. Plusieurs banques russes sont également ciblées.

Moscou veut répliquer

L'UE va, elle aussi, ajouter quinze noms de responsables russes aux personnes déjà sanctionnées. La liste devrait être connue mardi. Bruxelles justifie sa position par «l'absence de désescalade» dans la crise ukrainienne. Jusqu'ici, 33 Russes et Ukrainiens pro-russes ont vu leurs avoirs gelés et leur entrée dans l'UE interdite. Une vingtaine d'Ukrainiens, actifs sous le précédent régime, ont aussi été sanctionnés précédemment pour «détournement de fonds publics».

Moscou s'est dit «écoeuré» par ces nouvelles sanctions. Pour le vice-ministre des affaires étrangères Sergueï Riabkov, l'initiative américaine démontre «une absence totale de compréhension (...) au sujet de ce qui se passe en Ukraine». «Bien sûr, nous allons répondre» aux sanctions, a-t-il déclaré.

Détention «inacceptable»

Président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter a de son côté souligné le rôle «crucial» de Moscou dans cette crise. S'exprimant à l'ouverture de la conférence de l'OSCE sur l'antiterrorisme à Interlaken, il a dit attendre que le «signal clair» donné par la Russie pour parvenir à une résolution de la crise des sept observateurs de l'OSCE pris en otages à Slaviansk se matérialise.

M. Burkhalter, qui a jugé leur détention «inacceptable», a prôné le dialogue, alors que les négociations se poursuivaient pour arriver à une issue heureuse.

Les sept observateurs militaires étaient toujours lundi «prisonniers de guerre», selon les termes employés la veille par le maire autoproclamé de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev, lequel a réitéré que les détenus " étaient «tous vivants et en bonne santé».

A Vienne, le représentant russe à l'OSCE, Andreï Kelin, a de son côté jugé que «c'était pour le moins aventureux, ou bien une provocation, d'envoyer des négociateurs de l'OSCE dans une zone aussi tendue», qualifiant la décision de l'OSCE d'«irresponsable».

Renfort occidental

Dans l'est de l'Ukraine, la mairie de Kostiantynivka, une ville de 80'000 habitants, a été prise lundi par des insurgés pro-russes, ouvrant un nouveau foyer de violence, alors que le maire pro-russe de la ville de Kharkiv, toujours dans l'est, a lui été blessé par balles au dos, la municipalité dénonçant un «attentat».

Pour répondre aux inquiétudes de plusieurs pays de la région, quatre avions de combat français sont arrivés dans la journée en Pologne tandis que quatre appareils britanniques ont rejoint la Lituanie. Une compagnie de 150 hommes de la 173e brigade aéroportée de l'armée américaine est également arrivée en Estonie, complétant ainsi le déploiement annoncé par Washington de 600 hommes dans la région. (ats/afp)

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