Actualisé 04.02.2009 à 21:56

Genève

Novartis a payé une rançon aux FARC pour ses otages

Ce n'est pas l'émissaire suisse en Colombie mais le géant de la chimie qui a payé la guérilla en 2001 pour récupérer deux employés.

Deux millions et demi de dollars pour libérer deux otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Diffusé ce soir sur la Télévision suisse romande (TSR), un reportage de «Temps présent» en Colombie révèle, documents à l'appui, que Novartis a payé en 2001 une rançon de 2,5 millions de dollars pour la libération de deux employés, otages durant un an.

L'enquête confirme que l'émissaire du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Jean-Pierre Gontard n'a, lui, rien payé. Il devait servir d'intermédiaire avec les FARC et est poursuivi depuis juillet 2008 par la justice colombienne, qui l'accuse d'avoir versé à l'époque 500 000 dollars à la guérilla pour cette libération. Ce que l'intéressé et le DFAE ont démenti formellement.

Jean-Pierre Gontard raconte pour la première fois en détail à la TSR sa mission. Il affirme avoir demandé aux FARC de ne jamais mentionner le nom du groupe pharmaceutique dans leur correspondance. C'est pourquoi il y était question de «l'argent de Gontard», raison pour laquelle la justice colombienne s'en prend à lui. Par ailleurs les autorités locales étaient au courant. L'émissaire montre, photos à l'appui, que la libération des employés de Novartis a eu lieu en présence du général Gallegos, numéro deux de la police colombienne. Selon «Temps présent», Jean-Pierre Gontard aurait aussi été instrumentalisé par Bogota dans le cadre de la libération d'Ingrid Betancourt en juillet dernier.

ats/ap/gna

Gontard et la Suisse «diabolisés» en Colombie

Victime avec la Suisse d’une violente et persistante campagne de presse en Colombie, Jean-Pierre Gontard sort de son silence alors que l’instruction contre lui est toujours en cours à Bogota. Avant la diffusion du «Temps présent» de ce soir sur la TSR, l’ex-émissaire de Berne dans le pays d’Amérique du Sud ne souhaite pas davantage commenter cette rupture de silence. Ce qui est sûr, c’est que son intervention médiatique se fait en accord avec le DFAE et fait figure de réplique à ses détracteurs. Une manière somme toute de donner sa version des faits, allant plus loin qu’un démenti, après des années de quasi-silence. «Gontard comme la Suisse sont diabolisés en Colombie, observe un autre proche du dossier. Il faut savoir que là-bas tout contact avec les FARC fait de vous-même un FARC.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!