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MédecineNovartis veut soigner le cancer avec le VIH

Le laboratoire bâlois travaille sur un traitement pour combattre la leucémie. Pour ce faire, il a modifié le virus du VIH, qui peut provoquer le SIDA.

par
dmz

Le VIH est un des virus les plus dangereux au monde. Pourtant, Novartis l'utilise pour lutter contre la leucémie. Le laboratoire n'inocule bien entendu pas une maladie pour en remplacer une autre. Les chercheurs ont reprogrammé le virus de manière à ce qu'il identifie et tue les cellules cancéreuses dans le sang du patient, relate dimanche la «Schweiz am Sonntag».

A première vue risqué, ce traitement, développé en collaboration avec l'Université de Pennsylvanie (USA), a montré un taux de réussite «surprenant» lors des premiers essais. Parmi douze patients, sur qui les traitements traditionnels n'avaient pas d'effet, neuf ont vu leur situations s'améliorer grâce au VIH modifié. Une fillette de sept ans a notamment pu être sauvée.

La semaine dernière, Novartis a annoncé, lors de la journée des investisseurs, que les tests de cette thérapie cellulaire donnait des «résultats prometteurs». La deuxième phase (sur trois) des recherches cliniques a été entamée. «Le programme fonctionne parfaitement», a déclaré le porte-parole du laboratoire, Satoshi Sugimoto.

Les prochains résultats seront présentés en décembre, lors de la réunion annuelle de l'American Society of Hematology. La première demande d'homologation aux Etats-Unis devrait être déposée en 2016.

Collaboration active

Novartis et l'Université de Pennsylvanie ont développé un programme de recherche commun en matière d'immunothérapies pour soigner le cancer. L'université accorde des brevets à Novartis sur les produits issus de cette collaboration. En échange, l'entreprise bâloise finance une partie des recherches. Elle va aussi participer à la construction d'un nouveau centre de recherche à hauteur de 20 millions de francs.

Et le potentiel économique du nouveau traitement de la leucémie est énorme. En Suisse, 1000 personnes sont diagnostiquées chaque année et près de 250'000 dans le monde. De plus, Novartis perdra dans les années 2015-2016 le brevet du Gleevec, qui soigne justement le cancer du sang. L'an passé, ce seul médicament lui a rapporté 4,7 milliards de francs. Les experts estiment que la perte du brevet coûtera 3 milliards au laboratoire.

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