Actualisé 04.05.2017 à 16:13

Stratégie énergétique 2050

Nucléaire, éolien, taxes... Sur quoi vote-t-on?

La stratégie énergétique 2050 sera dans les urnes le 21 mai prochain. La première série de mesures divise. Explications.

de
Pauline Rumpf
Parmi les énergies qui devront remplacer l'atome, l'éolien suscite encore de nombreuses oppositions.

Parmi les énergies qui devront remplacer l'atome, l'éolien suscite encore de nombreuses oppositions.

Keystone/Jean-christophe Bott

Depuis que le Conseil fédéral a annoncé en 2011 sa volonté de sortir du nucléaire, le Parlement planche sur la mise en pratique de cette intention. Dans la révision de la loi, qu'un référendum porté par l'UDC ainsi qu'une partie du PLR et des acteurs économiques a amené devant le peuple, figure donc l'interdiction de construire toute nouvelle centrale.

Pour remplacer l'atome, environ un tiers de la consommation actuelle d'électricité, le texte propose des soutiens et des subventions pour les énergies vertes, et l'assainissement des vieux bâtiments. La taxe perçue sur la consommation d'électricité augmentera de presque un centime par kWh.

Objectifs ambitieux

Pour arriver aux objectifs prévus, la consommation totale d'énergie devra baisser de 43%, celle d'électricité de 13%, et tout ça d'ici à 2035. Une réduction ambitieuse, irréaliste selon les opposants, qui craignent une production insuffisante, en tout cas à certains moments de l'année.

Plusieurs acteurs économiques s'inquiètent aussi du peu de précisions données par le texte, estimant que ce but causera forcément de fortes contraintes encore inconnues. En effet, le vote ne concerne que la première étape de la stratégie. En réponse, le Conseil fédéral rappelle que la consommation d'énergie par personne a déjà baissé de 14% en 15 ans.

Les centrales à gaz créent la discorde

Pour remplacer le courant nucléaire, nul besoin de centrales à gaz, selon la campagne du oui. Pourtant, selon d'anciens documents du Département de l'Energie (DETEC), au moins cinq de ces installations seraient nécessaires, rapporte la «Basler Zeitung», qui ne cache pas son opposition à la loi. Mais cette énergie est très polluante en CO2. De plus, toute mention du sujet aurait été biffée des documents du DETEC juste avant le début de la campagne.

Son porte-parole explique qu'avant chaque votation, les informations doivent être mises à jour. «La Confédération ne planifie ni ne construit aucune centrale, assure-t-il. L'initiative serait privée, mais personne n'a intérêt à se lancer dans de tels projets, qui ne sont pas rentables». Et de préciser que tous les projets cités par le journal ont été gelés, ou retirés.

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