Nucléaire iranien: Ahmadinejad repousse une annonce et se dit prêt à négocier
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Nucléaire iranien: Ahmadinejad repousse une annonce et se dit prêt à négocier

Le président Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé dimanche que l'Iran ne suspendrait pas ses activités d'enrichissement d'uranium comme exigé par les grandes puissances.

Mais il s'est dit prêt à négocier et a reporté l'annonce de «progrès» dans son programme.

«D'ici au 20 Farvardin (9 avril), vous serez régulièrement témoins des progrès uniques du peuple iranien dans les domaines de l'industrie, de l'agriculture, et particulièrement de l'énergie nucléaire», a déclaré le président, devant des dizaines de milliers d'Iraniens massés sur la place Azadi de Téhéran à l'occasion de la cérémonie de clôture de la fête de la révolution.

Des responsables iraniens avaient pourtant assuré que cette célébration serait mise à profit pour annoncer une «bonne nouvelle» sur le programme nucléaire iranien.

Selon un responsable iranien des Affaires étrangères, il devait s'agir du démarrage de la «première phase de production du combustible nucléaire pour des besoins industriels».

Conditions

Téhéran semble loin du compte, avec seulement deux cascades de 164 centrifugeuses d'uranium, qui ont un caractère de recherche, alors que les autorités s'étaient engagées l'an dernier à en installer 3000 d'ici la fin mars.

Des informations contradictoires courent depuis peu sur l'installation récente d'environ 300 nouvelles centrifugeuses dans l'usine de Natanz (centre).

Faute de «bonne nouvelle», le président a de nouveau rejeté le principe d'une suspension de ces activités, exigée par les deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, 1696 (31 juillet) et 1737 (23 décembre).

«La question nucléaire est complètement politisée», a-t-il dit, ajoutant qu'»il est naturel que la nation iranienne n'accepte pas de telles choses imposées». Il n'en a pas moins assuré que l'Iran était «prêt à la négociation, mais à des conditions justes et équitables».

Lettre à ElBaradei

A Munich, où il se trouvait pour une conférence sur la sécurité, le principal négociateur du dossier nucléaire iranien, Ali Larijani, a justement déclaré que l'Iran «était disposé» à reprendre les négociations.

Il a précisé avoir informé par lettre le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei de la disposition de l'Iran. Selon lui, Téhéran est prêt «à élaborer, en l'espace de trois semaines, les modalités en vue de résoudre toutes les questions en suspens».

Ouverture évoquée par Téhéran

Il a également rencontré le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, lors d'un court entretien qualifié de «bon» par le diplomate européen.

M. Larijani a aussi indiqué que l'Iran était prêt à discuter d'une limitation de l'enrichissement à certains niveaux et de le placer sous un consortium international. Il a dit dans un entretien au journal allemand Süddeutsche Zeitung que Téhéran serait ouvert à n'utiliser que «des centrifugeuses enrichissant l'uranium à un faible niveau - 4%».

Les résolutions de l'ONU lient l'ouverture de négociations avec la République islamique à la suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium, un procédé permettant d'obtenir aussi bien du combustible nucléaire que la matière première d'une bombe atomique.

Pas de menaces

M. ElBaradei a proposé une solution de compromis dans laquelle la suspension des sanctions interviendrait de concert avec celle de l'enrichissement.

La Russie a soutenu cette initiative, contrairement aux Occidentaux. Le président iranien, tout en usant d'une rhétorique de fermeté, n'a pas réitéré dimanche ses menaces précédentes d'un retrait éventuel de l'Iran du Traité de non-prolifération (TNP).

«Nous sommes prêts à suivre les règles, et malgré l'autorisation donnée par le Parlement au gouvernement de réduire la coopération avec l'AIEA ou même quitter le TNP, le gouvernement n'en a pas usé», a-t-il souligné.

(ats)

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