Nucléaire iranien Jacques Chirac minimise la menace puis se rétracte
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Nucléaire iranien Jacques Chirac minimise la menace puis se rétracte

Paris - Le président Jacques Chirac a affirmé à trois journaux que Téhéran serait «rasée» si l'Iran lançait une attaque nucléaire sur Israël et que posséder une ou deux bombes n'était «pas très dangereux».

Il a ensuite dû se rétracter en demandant que ses propos soient «rectifiés».

La présidence française a tenté jeudi, dans un premier temps, de minimiser les conséquences de ce cafouillage, avant d'attaquer ensuite les «médias américains» et de dénoncer une «polémique honteuse».

Il s'agit d'une «interprétation sollicitée de propos en vue de déclencher une polémique honteuse sur un sujet où l'engagement de la France et du président de la République a toujours été constant et déterminé», a déclaré l'Elysée. «Cela ne nous étonne pas de la part de certains médias Outre-Atlantique qui n'hésitent pas à faire feu de tout bois contre la France».

Menace relativisée

M. Chirac, 74 ans, avait reçu lundi pour une interview commune des journalistes de l'hebdomadaire français le «Nouvel Observateur», du «New York Times» et de l'»International Herald Tribune», durant laquelle il a évoqué la menace nucléaire de l'Iran.

Selon ces journaux, M. Chirac a déclaré dans un premier temps que ce n'était pas tant le fait que l'Iran possède une bombe nucléaire qui serait «dangereux», ajoutant: «Où l'Iran enverrait-il cette bombe? Sur Israël? Elle n'aura pas fait 200 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasée».

«Avoir une, ou peut-être un peu plus tard une seconde bombe, et bien, cela n'est pas très dangereux. Mais ce qui est très dangereux, c'est la prolifération», selon le «Herald Tribune». Le lendemain, M. Chirac a fait revenir les journalistes à l'Elysée pour rectifier ses propos, expliquant qu'il avait fait «un raccourci schématique, extrêmement schématique».

«Chirac rectifie Chirac»

«Quand Chirac rectifie Chirac», écrivait jeudi le «Nouvel Observateur», tandis que l'»International Herald Tribune» titrait à la Une: «Chirac songe, puis revient en arrière», à propos de cet entretien. «Chirac pas troublé par un Iran nucléaire - puis revient en arrière», titre pour sa part le «New York Times».

Dans la matinée, le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy a rappelé la position officielle de Paris. «Tant que l'Iran n'accepte pas de suspendre ses activités nucléaires sensibles, alors nous, nous continuons notre démarche avec des sanctions au Conseil de sécurité», a-t-il assuré, appelant les Iraniens «à ne pas s'isoler».

(ats)

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